Pourquoi rester toute l'année à l'heure d'été est une mauvaise idée pour notre santé

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DÉCALAGE HORAIRE - Après une grande consultation nationale sur le changement d'heure, les Français se sont prononcés en majorité pour rester toute l'année à l'heure d'été. Une mauvaise idée selon le médecin et chroniqueur sur LCI Gérald Kierzek. Explications.

Heure d'été ou heure d'hiver ? Alors que depuis 1976, nous changeons de rythme deux fois par an pour économiser de l'énergie, l'utilité de la démarche est continuellement remise en cause. Mais cette fois, les Français ont tranché. Après une participation massive (2,1 millions de votants) à la consultation lancée par la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale, 59% des votants ont tranché pour rester à l'heure d'été. Ce mardi, les députés européens se sont  prononcés pour la suppression du changement d'heure saisonnier en 2021.

Mais cette idée inquiète Gérald Kierzek, médecin à l'hôpital parisien de l'Hôtel Dieu et chroniqueur sur LCI. Il pointe des conséquences néfastes pour la santé que pourrait avoir avoir la fin du changement d'heure, attendue pour 2021, avec le maintien en permanence de celle d'été.

Un rythme "contre-nature"

"Je pense qu'en choisissant entre heure d'été et heure d'hiver, les gens ont plutôt répondu à la question : 'Préférez-vous l’été ou l’hiver ?' Évidement, ils ont choisi l’été ! Or, l'heure d'été est plutôt contre-nature", explique-t-il. Celle-ci est en effet la plus éloignée de l'heure solaire. "Alors que l'heure d'hiver n'a qu'une heure de décalage avec celle-ci, l'heure d'été en a deux", souligne le docteur. En hiver, la conservation de l'heure d'été pourrait ainsi, en déréglant notre cycle de sommeil, avoir des conséquences négatives sur la santé, notamment dans les régions de l'Ouest. En Bretagne, le soleil se lèverait, par exemple, à 10 heures du matin fin décembre.

"Le cycle jour/nuit est déjà de plus en plus perturbé avec les écrans, la lumière bleue…", déplore le médecin. "Avec l'heure d'été en continu, le réveil dans la nuit noire l'hiver risque d'être plus difficile et le coucher plus tardif. Cela va encore augmenter la dette de sommeil."

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Ce passage permanent à l'heure d'été, estime Gérald Kierzek, menace de plus de perturber la production de mélatonine, autrement dit, l'hormone du sommeil. Celle-ci n'est effectivement sécrétée qu'à la nuit tombée. Or, une déficience peut induire des troubles du sommeil, une irritabilité, une baisse de moral, une asociabilité ou encore un manque de concentration… "On sait qu’il y a aussi des liens entre troubles du sommeil et surpoids", ajoute-t-il.

"Quand on sait que nous sommes déjà les plus gros consommateurs européens de somnifères, je pense qu'on ne va pas dans le bon sens", estime-t-il, avant d'expliquer que si l'heure d'été devenait effectivement la seule de l'année, il faudrait pour s'y adapter ne pas retarder l'heure du coucher même s'il fait encore jour, faire des siestes en cas de besoin... et éviter à tout prix de se tourner vers les somnifères, dont 60 millions de consommateurs dénonçait il y a peu les dangers. "Dans l'idéal, conclut-il, nous devrions tous vivre avec l’heure naturelle. Il y a quelques siècles, nous nous levions avec l’heure du soleil et nous nous couchions avec le soleil."

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