Il pourrait bientôt être détecté par un test sanguin : qu’est-ce que le syndrome de fatigue chronique ?

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ZZZ - Vous vous sentez constamment très fatigué sans qu'aucun repos de parvienne à vous redonner la pêche ? Vous souffrez peut-être du syndrome de fatigue chronique, qui touche plusieurs milliers de Français. LCI vous en dit plus sur cette maladie difficile à diagnostiquer.

C'est une maladie souvent considérée comme imaginaire. Particulièrement difficile à diagnostiquer, le syndrome de fatigue chronique toucherait pourtant de 0,3 à 0,7% des Français, soit quelques centaines de milliers de personnes, si on rapporte à notre pays les chiffres d'une enquête de chercheurs américains, qui avaient déterminé en 2015 que cette pathologie touchait de 836.000 à 2,5 millions de leurs compatriotes.


Pour tenter de mieux identifier le syndrome, des chercheurs de l’université de Stanford (Etats-Unis) ont mis au point un test sanguin capable d'évaluer les modifications d’énergie intervenant au sein des cellules immunitaires. Lors de sa mise au point, annoncée début mais dans la revue Proceedings of the national academy of sciences (Pnas), les scientifiques ont comparé des échantillons provenant de 20 personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique et de 20 autres personnes en bonne santé. Les premiers ont tous présenté une modification importante du courant électrique engendré par un "stress cellulaire", contrairement aux autres. Les tests devraient prochainement être étendus à un plus grand nombre de personnes, l'objectif étant, à terme, de trouver des traitements à ce syndrome. En attendant, LCI vous en dit plus sur sa nature.

Qu'est-ce que le syndrome de fatigue chronique ?

Aussi appelé asthénie chronique, le syndrome de fatigue chronique se distingue d'une fatigue ponctuelle par sa durée : ses symptômes se prolongent pendant plus de 6 mois. La personne a le sentiment d'être "vidée", "lessivée", "au bout du rouleau", et ce malgré le sommeil et le repos auxquels elle s'astreint.


Des difficultés de concentration, des maux de tête, des troubles de l’attention et de la mémoire à court terme peuvent aussi apparaître, tout comme des troubles du transit et une difficulté à rester debout. Certains patients ressentent aussi des maux de gorge avec un gonflement des ganglions et des sensations de chaud/froid. Les troubles du sommeil, eux, sont très fréquents. "Globalement, les patients ressentent leur état comme une sorte d’état grippal qui se prolonge", décrit dans un article la Revue médicale suisse.

Quelles sont les causes d'un tel état de fatigue ?

Il existe plusieurs explications à la fatigue persistante qui assaille un patient. L'asthénie chronique peut tout d'abord être réactionnelle, c'est-à-dire provoquée par  des perturbations du mode de vie, comme des horaires décalés de façon répétée, des problèmes familiaux, un surmenage ou un épuisement professionnel. Elle peut aussi être psychique, entraînée par une lassitude profonde, une dépression, des troubles anxieux ou alimentaires. Une carence en fer, une maladie (broncho pneumopathie chronique obstructive, insuffisance cardiaque...) ou affection chronique (syndrome des jambes sans repos, apnée du sommeil...), ou encore une maladie infectieuse virale peuvent aussi déclencher ce type de fatigue. Aussi nommée syndrome des yuppies (pour young urban professionals), signale l'assurance maladie, cet état peut aussi se déclarer brusquement chez des personnes de 35 ans environ, très investies dans leurs activités quotidiennes.


La Revue médicale suisse, elle, évoque aussi de nombreux éléments qui "pointent vers une dysfonction immunitaire, entraînant un stress oxydatif". 

Que faire en cas de fatigue importante ?

En cas d'épuisement important et durable, l'assurance maladie conseille tout d'abord de s'interroger sur la nature de cette fatigue. "Prédomine-t-elle le matin ou le soir ? Est-elle continue ou apparaît-elle par épisodes ? Est-elle ancienne et sans retentissement sur votre état général, ou bien récente et d’intensité croissante ?", questionne-t-elle notamment. Elle préconise par ailleurs de noter chaque jour, dans un agenda, ses activités, la durée et la qualité de son sommeil. Ces données pourront être utiles au médecin lors du diagnostic.


Un tableau d’auto-évaluation, appelé "échelle de fatigue de Pichot", peut aussi vous aider à cerner votre état de fatigue. "Pour cela, attribuez à chaque proposition du tableau un chiffre de 0 à 4, de façon à refléter votre état (0 = pas du tout ; 1 = un peu ; 2 = moyennement ; 3 = beaucoup ; 4 = extrêmement). Ensuite, additionnez les chiffres : si vous obtenez un total supérieur à 22, vous souffrez d’une fatigue excessive, et peut-être d’un sommeil inefficace", indique l'assurance maladie.

Si, malgré un ralentissement de votre rythme de vie et un rééquilibrage de vos mauvaises habitudes (coucher tardif, utilisation d'écran avant d'aller dormir, sédentarité, etc.), votre fatigue persiste après plusieurs jours ou semaines, au point de vous empêcher de vaquer à vos occupations, consultez un médecin. 

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