VIDÉO - Lutte contre la précarité menstruelle : quel coût représentent les protections hygiéniques dans la vie d'une femme ?

Bien-être

JUSTE PRIX - Alors que Marlène Schiappa s'est faite remettre un rapport sur la précarité menstruelle, jeudi 17 octobre, LCI a pris sa calculette et vous dévoile le prix des serviettes et des tampons lors des 38 ans que dure en moyenne la période des règles.

La secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a reçu, jeudi 17 octobre, des mains de la sénatrice LaRem Patricia Schillinger, un rapport sur la précarité menstruelle. Une remise qui suit, de quelques mois, la mise en place d'une stratégie de lutte contre ce phénomène, en mars 2019, à l'occasion de la journée mondiale consacrée aux injustices liées aux protections périodiques, lors de laquelle avait été commandé ce rapport. Nous avons donc cherché à savoir à combien s'élevait le prix de celles-ci au cours de la vie d'une femme. 

Le calcul est en fait assez simple. L'âge moyen des premières règles est de 12,6 ans, quand la ménopause, elle, intervient en moyenne à 51 ans, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined). Une femme a donc ses règles en moyenne durant 38,4 années, à compter d'une durée de 5 jours par mois tous les 28 jours, soit 13 menstruations par an. Selon les associations, les femmes dépensent chaque mois entre cinq et sept euros en protections hygiénique, même si ces chiffres peuvent varier selon les cas. Prenons la fourchette la plus basse et faisons le calcul : le coût total s'élève ainsi alors, pour toute une vie, à 2496 euros. 

Lire aussi

Une somme non négligeable, mais qui explose lorsqu'on lui adjoint d'autres dépenses directement liées aux menstruations : médicaments anti-douleurs, grignotage, achat de nouveaux sous-vêtements abîmés, etc... Au total, l'addition monterait à près de 23.500 euros, selon une étude britannique faite en 2015, qui comptabilise tous ces à-côtés.  

Le problème reste que les règles ne sont évidemment pas un choix, et que ce coût, avec ou sans à côtés, n'a rien de négligeable pour les personnes appartenant à des classes défavorisées, qui peuvent ainsi être forcées à se passer de leurs protections pour soulager leur budget. On parle alors de "précarité menstruelle'. En 2015, déjà, le débat autour de celle-ci avait défrayé la chronique en au moment des discussions sur le taux de TVA appliqué alors aux protections hygiéniques. Grâce à la mobilisation de collectifs féministes, les députés avaient ensuite adopté à l'unanimité un amendement ramenant ce taux de 20% à 5,5%. 

Des exemples à suivre

Dans son rapport, Patricia Schillinger, était chargée d'étudier "les objectifs et modalités" de la mise en place d'un tel dispositif dans plusieurs "lieux collectifs". En décembre dernier, elle avait présenté dans le cadre du projet de loi de finances 2019 un amendement pour la distribution gratuite de protections hygiéniques pour les femmes en situation précaire en milieu scolaire, dans les hôpitaux ou prisons. Dans le milieu universitaire, on a pris de l'avance. A Rennes 1, par exemple, l'accès aux protections périodiques est gratuit, tout comme à la Sorbonne ou à la faculté de Lille, comme le relève le Huffington Post.

Du côté de nos voisins européens, l'Écosse a récemment rendu les protections  périodiques gratuites pour les étudiantes. De bons exemples à suivre....

Lire et commenter