La face cachée de l'herpès, cet affreux bouton dont on ne se méfie pas assez

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VIRUS - Ces boutons de fièvre apparaissent sans prévenir et viennent ternir votre joli minois. Mais, avertit le gastro-entérologue Bruno Donatini, les poussées d'herpès n'ont pas le seul désavantage d'être disgracieuses. Elles peuvent aussi représenter une réelle menace pour notre santé.

En France, 10 millions de personnes seraient porteuses de ce virus. Dans 90 % des cas, il est asymptomatique : les personnes sont infectées sans le savoir. Chez les 10% restants, l'herpès peut se manifester par des infections sur les muqueuses de la bouche (herpès à HSV-1)ou encore les parties génitales (herpès génial à HSV-1 ou HSV-2). Très contagieux, ces virus se contractent en général dès l'enfance et durent toute la vie.


Si l'OMS évoque seulement des symptômes qui "peuvent être gênants et provoquer une certaine stigmatisation sociale et des troubles psychologiques", Bruno Donatini, gastro-entérologue à Reims et auteur de la préface du livre "Les virus a l'origine des principales maladies d'aujourd'hui" de Jean-Marie Samori (éditions Dauphin), considère cette pathologie comme bien plus préoccupante.

La face cachée de l'herpès

"On a, avec les herpès, un lien direct avec la neurodégénérescence, la maladie de Parkinson et Alzheimer", attaque-t-il d'emblée. Et d'expliquer : "Lors d'une infection au virus, l'herpès passe sous la muqueuse et gagne le nerf vague, qui joue un rôle dans de nombreuses fonctions vitales de l'organisme, puis rejoint le cerveau et la moelle épinière." Il s'installe ensuite durablement dans un ganglion du nerf rachidien et, de là, émerge de nouveau à chaque récurrence. Ces réactivations de l'herpès, explique le médecin, sont causées chaque fois par une lésion (abcès dentaire, aphte, brûlure de coup de soleil...). "À ce moment-là, le nerf vague va envoyer un message de lésion qui va passer par la voie sensitive, va amener l’herpès au cerveau et va redescendre en même temps que l’information de réparation. [...] Or, à force d’emprunter la voie neurologique, il va l'abîmer."


Pour Bruno Donatini, négliger un herpès est donc une grave erreur. Car au-delà de la détérioration neurologique qu'ils pourraient engendrer, les virus herpétiques, par leur atteinte progressive au nerf vague, "altèrent les fonctions viscérales : gastriques ou intestinales (ralentissement des vidanges), cardiaques (palpitations), thyroïdiennes (insuffisance), surrénalienne (baisse de synthèse de cortisol avec risque de burn-out), indique-t-il. Ils peuvent aussi induire une inflammation cérébrale et une dépression." En somme, plus les crises sont récurrentes, plus les risques pour la santé s'accumulent.

Quelle prise en charge ?

Pour limiter les dégâts et parvenir à mettre au repos le virus, la solution antivirale (Aciclovir, Zovirax...) est la plus courante. Elle permet le traitement ou la prévention de certaines formes d’herpès en les tuant ou en les inactivant. Le gastro-entérologue, lui, évoque des solutions plus naturelles pour prendre en charge cette pathologie. Il cite par exemple le coriolus, un champignon utilisé en médecine chinoise, l'échinacée, une plante médicinale d'origine américaine, ou l'écorce de lapacho, un arbre amazonien, qui peuvent se prendre sous forme de compléments alimentaires. Dans tous les cas, il est important de consulter un médecin avant d'entreprendre tout traitement, qui pourrait se révéler inadapté.

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