Vous tombez (presque) toujours malade en vacances ? Un médecin explique pourquoi

Bien-être
PAS DE CHANCE - Que celui qui n'est jamais tombé malade dès ses premiers jours de vacances lève la main. Le médecin généraliste et membre du syndicat MG France Jean-Christophe Calmes nous explique à quoi cela peut être dû et comment l'éviter.

La dernière ligne droite avant les vacances est souvent la plus dure. Mais on tient le coup grâce à la simple perspective de passer du bon temps dans 5, 4, 3, 2, 1 jour... Et là, patatras. À peine a-t-on poser les valises et les fesses sur le transat que l'on tombe malade. Ce phénomène, récurrent, est encore assez méconnu de la science. Impossible, par exemple, de savoir combien de personnes cela concerne ni quelles pathologies sont les plus concernées.


Pour tenter d'en savoir un peu plus, et surtout d'éviter de retomber dans le piège, nous avons interviewé Jean-Christophe Calmes, médecin généraliste et membre du syndicat MG France, la Fédération française des médecins généralistes.

Le relâchement, porte ouverte aux maladies

"La première raison qui puisse expliquer que l'on tombe malade en vacances, c'est le relâchement, explique le spécialiste. Même s'il peut être délétère sur la durée, le stress auquel nous sommes soumis le reste de l'année stimule notre organisme. Que ce soit un stress lié à nos activités quotidiennes ou 'absolu', le cerveau enclenche une série de réactions afin que nous puissions y faire face avec toute l'énergie nécessaire." Des mécanismes de défense qui nous permettent, en temps normal, d'être plutôt résistants aux maladies. Mais au moment où nous sommes censés nous la couler douce, le cerveau se détend et le système immunitaire ralentit. Nous voilà alors plus fragiles et incapables de résister au moindre microbe ou virus.


Pour le médecin généraliste, c'est aussi pendant les vacances que l'on écoute davantage notre corps. "Nous avons tendance à ressentir un peu plus les plaintes que le corps cachait jusqu’alors parce que quand vous devez travailler, vous devez faire face et ne les entendez pas. Quand vous avez le temps de vous occuper de vous, vous les ressentez plus et vous vous retrouvez avec des maux de dos, de cou ou des douleurs musculaires."

La climatisation, propagatrice de microbes

Jean-Christophe Calmes cite aussi les rhumes d'été, très courants en raison des différences de températures entre les magasins et les lieux de vie, très climatisés, et l'extérieur. Le contraire est aussi valable pour les vacances d'hiver. Cela peut aussi être dû à la climatisation de l'avion ou du train, où règne un air très frais et sec qui assèche et irrite les muqueuses. Celles-ci sont ensuite fragilisées et vont s'humidifier un peu plus en réaction, ce qui peut provoquer un écoulement nasal important. 


Une récente étude américaine soulignait d'autre part le rôle d'incubateur de l'avion. "Les passagers assis à moins d'une rangée et à moins de deux sièges latéralement du passager contagieux ont une probabilité d'au moins 80% d'être infectés", expliquent ces travaux, publiés en mars dernier dans la revue PNAS. Une exposition prolongée à un air froid peut aussi entraîner des douleurs musculaires et des raideurs, voire un torticolis. En réaction à la fraîcheur, certains muscles peuvent en effet avoir le réflexe de se contracter.

Les pathologies des loisirs et des petits plaisirs

"Il y a aussi tous les problèmes de santé liés aux loisirs", complète le médecin. "En été, nous voyons par exemple beaucoup d’otites à la suite des baignades. En bord de mer, il y a aussi le cas du vacancier fatigué qui arrive dans le sable après des heures de route. Après avoir fait la crêpe sur la plage tout l'après-midi, il arrive dans le cabinet médical avec le dos tout rouge et une insolation."


Attention aussi à ne pas trop vous lâcher sur les glaces, le chocolat ou autres petits plaisirs qui auraient vite fait, en cas d'excès, de provoquer des déséquilibres intestinaux. À l'étranger, la tourista, cette "diarrhée du voyageur" qui touche environ 40% de ceux qui se rendent dans les zones tropicales, a aussi tendance à se manifester rapidement. Malheureusement, en fonction des régions où l'on se trouve et de la nourriture à disposition, il est bien difficile de l'éviter. "Nos intestins n’ont pas l’habitude de ce que l’on mange dans ces pays et manifestent leur réprobation de façon parfois un peu bruyante", commente Jean-Christophe Calmes.

Le bon sens, maître mot de la prévention

"Pour éviter de tomber malade, le conseil est assez simple : ayez du bon sens !" s'exclame le médecin généraliste. "Ne mettez pas la clim' à 18 degrés quand il en fait 40 dehors." Et de raconter : "À l’époque où je travaillais aux urgences, un touriste était arrivé avec les pieds gelés, au sens propre. Il avait mis la climatisation dans sa voiture et ça lui avait fait des engelures aux pieds en plein été !"


Le professionnel conseille également de prendre ses précautions avant de longs voyages en avion, qui peuvent occasionner des problèmes de circulation veineuse. "Les gens qui ont eu des problèmes de phlébite doivent consulter leur médecin avant de partir. Pour ceux qui n’ont pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on reste assis pendant des heures, il peut être bien de mettre des bas de contention pour éviter après d’avoir des jambes toutes gonflées et de ne pas pouvoir se rechausser à l’atterrissage."

Enfin, attention à vous écouter pendant les vacances. Si vous avez un emploi sédentaire ou ne marchez pas beaucoup en règle générale, arpenter les rues d'une ville huit heures par jour pendant quatre jours ou entreprendre des randonnées trop difficiles peut vite se répercuter sur vos articulations, votre dos et vos pieds. Veillez de plus à choisir de bonnes chaussures. Et le médecin de conclure : "Mais les vacances, c'est quand même bien !"

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