Des coupe-faim pour humains : des chercheurs ont peut-être trouvé l'arme fatale anti-moustiques

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ÉTUDE - Couper l’appétit des moustiques pour ne plus être leur proie. Voilà l’idée de chercheurs de l’université de Rockefeller, à New York (États-Unis), pour en finir avec les piqûres et surtout avec les maladies mortelles qu’ils transmettent.

Sprays contre piqûres... Depuis des siècles, les moustiques et les humains s'affrontent dans une guerre sans merci. Mais cette fois-ci, ces derniers pourraient bien avoir trouvé l'arme fatale. Des chercheurs de l'université de  Rockefeller, à New York, ont trouvé de quoi leur couper l'appétit : un banal coupe-faim élaboré pour les Hommes.


Pour leurs recherches, publiées le 7 février dans la revue Cell, ils ont utilisé ces substances afin de manipuler les hormones de satiété des moustiques femelles de l’espèce des Aedes aegypti. Elle est responsable de la propagation de nombreuses maladies comme la fièvre jaune, la dengue, le chikungunya et le virus Zika.

Des moustiques rassasiés

Pour cette étude, les scientifiques sont partis du constat qu’une fois que les moustiques s’étaient nourris de sang, leur intérêt pour les humains se mettait en veille pendant plusieurs jours. "C’est l’exemple, par excellence, du dîner de Thanksgiving", indique dans un article de l'université Rockfeller Laura Duvall, l’un des chercheurs ayant participé à l’étude.


Ils ont alors concentré leurs recherches sur les neuropeptides Y (NPY), ces récepteurs qui interviennent dans la régulation des besoins vitaux, tant chez l’humain que le moustique. En analysant un à un les quarante-neuf NPY des insectes, ils sont parvenus à identifier celui qui se trouve être responsable de la régulation de l'appétit, le NPYLR7.


Pour agir dessus, les chercheurs américains se sont basés sur les molécules utilisées par l’industrie pharmaceutique pour réguler l’appétit. Six composés ont finalement été sélectionnés pour leur capacité à agir sur les moustiques sans en faire de même sur les humains. Ils ont été dilués dans une solution saline pour être administrés aux insectes. Résultat : les moustiques ont littéralement boudé leur péché mignon, un bas nylon porté pendant plusieurs heures et donc imprégné d’odeurs corporelles. Idem pour la souris sous anesthésie générale qui leur a été offerte sur un plateau. 

Nous avons été impressionnés et étonnés de constater que les médicaments élaborés pour agir sur l’appétit des humains ont fonctionné parfaitement pour couper la faim des moustiquesLeslie Vausshall, auteure de l'étude

"Nous avons été impressionnés et étonnés de constater que les médicaments élaborés pour agir sur l’appétit des humains ont fonctionné parfaitement pour couper la faim des moustiques", explique sur le site de l'université Rockfeller Leslie Vosshall, l’auteure de l’étude. D’après la scientifique, cette découverte permettrait de diminuer les risques "que les populations de moustiques développent des résistances, comme c’est le cas avec les insecticides", dans la mesure où elle ne tue pas les femelles.


D'autres recherches doivent désormais être menées en conditions réelles, dans la nature. Les molécules pourraient être disséminées grâce à la semence de moustiques génétiquement modifiés, ou par des appâts imitant les odeurs corporelles humaines, qui présentent l’avantage de n’attirer que les moustiques et autres insectes suceurs de sang humain. En cas de succès, cette découverte pourrait profiter à la lutte contre d'autres maladies, comme Lyme ou le paludisme, la tique et le moustique anophèle étant eux aussi réceptifs au coupe-faim, précise l'université américaine.

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