"10 Cloverfield Lane" : l'adresse la plus en vue pour les amateurs de mystère

"10 Cloverfield Lane" : l'adresse la plus en vue pour les amateurs de mystère

CRITIQUE – En salles ce mercredi 16 mars, "10 Cloverfield Lane", produit par J.J. Abrams, propose une expérience de claustration absolue, au cœur d’un abri antiatomique, en compagnie de trois personnages que tout oppose. Autant dire que le divertissement proposé fait plaisir à vivre et à voir.

Michelle range précipitamment ses affaires. Dehors, le ciel cendreux sonne le glas de sa vie de couple. C’est l’heure d’une autre chance, d’un ailleurs. Alors qu’elle file au hasard des routes, empruntant cette tangente qu’elle espère respirable, la voiture part en vrilles. Fondue au noir. Lorsqu’elle rouvre ses yeux, la jeune femme, jambe endommagée, se retrouve dans une pièce glauque et suintante, enfermée par celui qui lui a porté secours. Un certain Howard, l’allure faussement magnanime, qui prétend que la Terre vient de subir une attaque chimique sans précédent et que l’air y est désormais irrespirable.

La phase de suspicion révolue, Michelle finit par prendre ses quartiers dans ce bunker prodigieux aux côtés du débonnaire Emmett, un jeunot à la cool arrivé là on se sait comment. Dans l’attente d’un monde meilleur, le trio, dopé par les valeurs du vivre-ensemble, compose piano piano avec cet ordre nouveau. Il n’empêche que le tenancier des lieux suréquipés, génialement incarné par John Goodman, semble fomenter en loucedé un plan perfide. L’ambiguïté de sa personnalité, moteur turbo de 10 Cloverfield Lane, va alors accoucher d’une délicieuse série d’interrogations.

Anguille sous roche

Et c’est là tout le sel de cette entreprise filmique usinée dans la discrétion la plus totale par le producteur J.J. Abrams, docteur ès info au goutte-à-goutte (n’est-ce pas les fans de Lost ?). Capitalisant à fond les ballons sur la mythologie extraterrestre et suggestive du Clover-verse – lui qui avait déjà produit le found footage SF Cloverfield –, le nouveau nabab d’Hollywood a confié la réalisation de cette distraction haut de gamme à l’inconnu Dan Trachtenberg. Lequel se révèle un honorable faiseur, remplissant assidument un cahier des charges scrupuleusement dédié au plaisir du public.

Fort d’un scénario maîtrisé, coécrit notamment par Damien Chazelle (le réalisateur de Whiplash), 10 Cloverfield Lane s’offre comme une attraction au cours de laquelle le spectateur perd (presque toujours) pied. Les péripéties à haut suspense s’enchaînent en effet avec une facilité déconcertante et trompent constamment les certitudes. Ici, qui croit savoir ne sait jamais vraiment... Généreux et sympathique, ce divertissement low cost floue nos perceptions pour entretenir, jusqu’aux ultimes secondes, le mystère qui ceint l’intérieur et l’extérieur des personnages et des lieux. A la fin, c’est le plaisir qui l’emporte.   

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