"13 hours", la critique : Michael Bay signe un film de guerre musclé mais décérébré

"13 hours", la critique : Michael Bay signe un film de guerre musclé mais décérébré

PROPAGANDE – Le chantre du patriotisme Michael Bay remet le couvert avec un film de guerre dont l’efficacité formelle n’a d’égale que sa vacuité scénaristique.

De Transformers à Pearl Harbor, le réalisateur américain Michael Bay a toujours sacralisé l’armée. Mais il aura attendu son nouveau film, 13 hours, pour qu'il décide d'en faire l’élément central d’une histoire. S'inspirant de faits réels, me metteur en scène le plus patriotique de Hollywood nous transporte ainsi dans la Libye post-Khadafi, le 11 septembre 2012.

Du patriotisme à revendre

Ce jour anniversaire des attentats de New-York, des combattants extrémistes prennent d’assaut deux complexes de Benghazi abritant des membres du gouvernement américain. N’écoutant que leur courage malgré des ennemis en surnombre, défiant les ordres de leur hiérarchie, six hommes des forces spéciales, en veille dans une base de la CIA planquée à quelques centaines de mètres de l’attaque, décident d’intervenir pour sauver leurs compatriotes.

En découlent 13 heures d’affrontement que Michael Bay filme avec une efficacité indéniable. Du premier assaut dans l’ambassade, à la défense d’un second complexe transformé ici en Fort Alamo, la mise en scène nerveuse et sous tension rappelle le Ridley Scott de La chute du Faucon noir, référence évidente du long-métrage au même titre que Call of duty et autres FPS (First Person shooter ou jeux en vision subjective).

 

Une surdose de guimauve

Mais au-delà de cette démonstration de force, dopée à la testostérone et à l’artillerie lourde, rien à se mettre sous la dent. Michael Bay n’est ni un bon dialoguiste ni un fin psychologue : ses soldats ne sont que de gros bourrins accros aux jeux vidéo, aux blagues graveleuses, à la gonflette, et à leurs flingues. Mieux vaut d’ailleurs ne pas les faire parler tant leurs séquences "émotion", en famille (en flashback ou via internet) ou entre frères d’armes, sont chargées de guimauve et plombées par une musique des plus ronflantes.

Embarrassant tout comme le discours environnant : les alliés des Etats-Unis passent pour des bons-à-rien, les ennemis ne sont que des ombres sans visage, et les questions qui fâchent sont carrément zappées (les enjeux du conflit, le traumatisme de guerre ...). Seul le courage indéfectible et la vie de ces héros américains prêts à tous les sacrifices comptent. Limite propagandiste et assurément simpliste, une fois encore.

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