"24 jours" : Alexandre Arcady dissèque l'horreur de l'affaire Halimi

"24 jours" : Alexandre Arcady dissèque l'horreur de l'affaire Halimi

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CRITIQUE - Avec "24 jours", le réalisateur Alexandre Arcady revient sur le cauchemar vécu par Ilan Halimi en 2006. Ce jeune homme de confession juive, kidnappé par le Gang des Barbares, avait succombé à ses multiples blessures après trois semaines de torture.

13 février 2006. Ilan Halimi, né en 1982, est retrouvé le long d'une voie de chemin de fer à Sainte-Geneviève-des-Bois. Affamé, brûlé, le corps roué de coups, son cœur lâche lors de son transfert vers l'hôpital. En tout, son calvaire a duré 24 jours, comme l'indique le titre du nouveau long métrage d'Alexandre Arcady , adapté du récit de Ruth Halimi, la mère du défunt, et d'Emilie Frèche, publié en 2009. Dès l'annonce de sa mort, causée par Youssouf Fofana et les nombreux membres de son Gang des Barbares, l'affaire déferle dans les médias et émeut l'opinion publique en raison de son extrême violence.

Zabou émouvante

Si le visage de la victime est encore bien présent dans les mémoires, le sordide récit de sa captivité demeure assez méconnu. Raison pour laquelle Arcady a décidé d'en exhumer les principales étapes, en prenant soin de suggérer les scènes de torture plutôt que de les montrer frontalement. Dans 24 jours, le cinéaste retrace l'horreur endurée par le jeune Français de confession juive en plaçant sa caméra du côté de ses proches. Pensée comme un véritable thriller, cette œuvre plonge le spectateur au cœur de la détresse familiale et de l'enquête policière. Une partie du tournage a d'ailleurs eu lieu – fait totalement inédit – au sein même de la Police Judiciaire.

Sous les traits de la mère éplorée, Zabou Breitman signe une prestation émouvante. Elle parvient à restituer les atroces émotions vécues par Ruth Halimi au cours de ces trois interminables semaines. Son regard triste, vidé, compose un cri à l'indignation. Un appel que la caméra reçoit cinq sur cinq. Avec une sobriété bienvenue, Arcady fait le choix de s'effacer derrière son abominable sujet. Au-delà de ce récit édifiant , il s'agit là de tirer la sonnette d'alarme afin qu'un tel drame ne se reproduise jamais plus. Espérons qu'elle sera entendue par le plus grand nombre et contribuera à apaiser les esprits.

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