3 bonnes raisons d’aller "Voir du pays" avec Soko et Ariane Labed

CINÉMA

ON AIME – Que font les soldats avant de rentrer auprès de leurs proches ? Ils décompressent, façon de parler, dans "Voir du pays", adaptation aussi instructive que séduisante du roman éponyme de Delphine Coulin par l’auteur et sa sœur Muriel. Super bonus : un duo d’actrice magnifique formé par Soko et Ariane Labed.

Aurore et Marine ont grandi ensemble, à Lorient. Ensemble elles se sont engagées dans l’armée. Ensemble elles ont été envoyées en Afghanistan où elles ont vu la mort en face. Avant de rentrer en France, elles font escale par Chypre, dans un hôtel cinq étoiles plus précisément où leur hiérarchie envoie les soldats se changer les idées avant de retrouver leurs proches.  Cinq après 17 filles, les sœurs Delphine et Muriel Coulin adaptent le roman éponyme de la première, paru en 2013 chez Grasset. Et le résultat est plutôt séduisant…

  • 1Parce que c’est un sujet rare au cinéma

    Si de nombreux films, américains notamment, ont déjà raconté le retour des soldats auprès de leurs familles, souvent avec brio, "Voir du pays" se focalise sur le méconnu "sas de décompression ". Soit le bref séjour au cours duquel les membres d’un même régiment partagent (ou pas) ce qu’ils ont sur le cœur au sortir de leur mission commune. Manière pour l’armée de détecter ceux qui pourraient déraper par la suite. Et pour ces hommes et ces femmes d’appréhender la vie d’après.
  • 2Parce que c’est un film de guerre féministe

    Après avoir raconté l’adolescence dans 17 filles, où un groupe de copines décidait de tomber enceinte simultanément, faisait fi des conventions sociales, les sœur Coulin explorent ici une autre facette de la condition féminine à notre époque. Dans un monde de mecs, Aurore et Marine sont-elles devenues des « soldats comme les autres » ? C’est l’une des nombreuses questions que pose ce film de guerre sans guerre, sorte de huis clos au grand jour où les tensions s’accumulent jusqu’au final, surprenant.
  • 3Parce que les comédiennes sont lumineuses

    Aurore, c’est la douce Ariane Labed, comédienne française, née en Grèce où elle a débuté au théâtre avant d’être primée à Venise pour son premier rôle au cinéma dans "Attenberg", de Athiná-Rachél Tsangári, en 2010. Marine, c’est la brute Soko, qui avait fait forte impression dans "Augustine", d’Alice Winocour, en 2012. Leur intensité, leur alchimie, leur complémentarité sont pour beaucoup dans la réussite de ce portrait de femmes à la fois cru et pudique, hyper réaliste et pourtant romanesque.

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