3 bonnes raisons de croire en "L’Avenir" avec Isabelle Huppert

CINÉMA

COUP DE COEUR – Couronnée de l’Ours d’argent pour sa mise en scène à la dernière Berlinale, Mia Hansen-Love offre une partition inédite à Isabelle Huppert dans un grand et beau film de résurrection à ne pas rater. Metronews vous explique pourquoi "L'Avenir" est incontournable...

Pour son approche optimiste et girl power
Dans le cinéma d’auteur, abandon et adultère riment souvent avec dépression et galères. Mais pas chez Mia Hansen-Love qui choisit la lumière et le rebond pour brosser le portrait de Nathalie, prof de philo qui, après avoir été quittée par son mari, décide de rester debout et de se consacrer à ce qu’elle aime : l’enseignement et la transmission. "Nous, les femmes après 40 ans, on est bonnes à jeter à la poubelle. (...) Mais ce n’est pas grave, j’ai une vie intellectuelle bien remplie", dira-t-elle ainsi à son ancien étudiant préféré (Romain Kolinka). Si elle exprime l’angoisse de l’héroïne, cette déclaration évoque aussi, consciemment ou non, la démarche féministe de l’auteur : pas question pour son personnage de se reconstruire par rapport à un autre homme. Détermination, intelligence et indépendance sont dans ce cas les seules clés de la renaissance.

Pour sa pudeur
Ni crises, ni hystérie ici. Lorsqu’elle découvre le pot aux roses sur l’adultère de Monsieur, ou quand vient l’heure de la séparation de biens, Nathalie reste digne, solide, mesurée, essayant de vivre et de réagir en adéquation avec les préceptes qu’elle enseigne quotidiennement. Bien sûr, les larmes sortent, mais en cachette, avec parcimonie. Tout comme le rire, discret mais présent dans les coups durs que réserve la vie. La réalisatrice d’Un amour de jeunesse et Le père de mes enfants trouve le parfait équilibre entre le désarroi inévitable de son héroïne et sa force de caractère, et signe son film le plus fédérateur, limpide et émouvant à ce jour.

Pour redécouvrir Isabelle Huppert
Prof sado-maso dans La Pianiste, vieille fille coincée et chanteuse dans Huit femmes ou juge jusqu’au-boutiste dans L’ivresse du pouvoir, Isabelle Huppert est la reine du grand écart. A tel point que l’on croyait déjà avoir tout vu d’elle après 40 ans de carrière. Mais c’est là la force des grands interprètes (et des grands auteurs) : dans L’avenir, la comédienne nous cueille avec l’une des partitions les plus solaires et palpables qu’elle ait jouées à ce jour. Experte des extrêmes, Isabelle Huppert avait rarement été aussi humaine et accessible que dans cet long-métrage qui lui ouvre encore tout un champ de possibles. De quoi renforcer notre curiosité pour Elle, le nouveau Paul Verhoeven (Starship troopers, Basic Instinct...) dans lequel elle tiendra le rôle titre et qui, avec une sortie prévue le 25 mai, devrait se retrouver en sélection cannoise.

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