"96 heures" : le polar en carton-pâte de Frédéric Shoendoerffer

"96 heures" : le polar en carton-pâte de Frédéric Shoendoerffer

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CRITIQUE - Après "Truands" ou "Switch", le réalisateur Frédéric Shoendoerffer réinvestit cette semaine le cinéma policier avec "96 heures". Il s'intéresse au kidnapping d'un flic par un malfrat. Un bras de fer qui fait pschitt.

On ne badine pas avec Gabriel Carré, le patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). Vraiment pas. Kancel, un truand de très haut vol, en sait quelque chose. Il a été mis sous les verrous par ce flic pugnace et rêve de se venger. Lors d'une extraction méthodiquement planifiée, le vilain bandit arrive à ses fins et kidnappe le gentil policier pendant 96 heures. Soit quatre jours, aussi longs pour l'otage que pour le public, le temps de savoir qui l'a balancé trois ans plus tôt.

Sur la base de ce scénario atrocement convenu, Frédéric Schoedoerffer persiste dans le cinéma policier, son genre de prédilection. Et passe les clichés à la moulinette pendant toute la durée de ce polar au rabais. Gérard Lanvin, plus caricatural que jamais, joue une énième fois de sa fameuse virilité. Droit comme la justice, il ne parvient jamais à octroyer une dimension humaine à son personnage.

Concours de cabotinage

Que dire de Niels Arestrup, ce grand acteur contraint à un exercice de cabotinage éreintant. Mine renfrognée, bagues menaçantes aux doigts, armes à la poche, accès de colère, mâchouillage névrotique d'une centaine de pauvres cure-dents... Dans sa besace d'ordure à qui on ne l'a fait pas à l'envers, le comédien détient tous les accessoires du parfait déguisement de pacotille.

Cette garde à vue à l'envers, scellée par une pauvre métaphore sur le temps, manque cruellement et constamment de crédibilité. La mise en scène, plate et adynamique, peine à emporter l'adhésion du spectateur. A l'horizon de ce nouveau polar hexagonal bâclé, il y a vraiment ni inspiration, ni souffle, ni originalité. "Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir", comme dirait l'autre.

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