VIDEO - Festival de Deauville 2017 : on revoit "Cosmopolis", le film qui a changé la carrière de Robert Pattinson

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FLASHBACK - Projeté ce dimanche au 43e Festival de Deauville dans le cadre d'un hommage à Robert Pattinson, "Cosmopolis", de David Cronenberg, a marqué un "avant" et un "après" dans la carrière de la star.

Cannes 2012. Robert Pattinson monte les marches à l'occasion de la présentation de Cosmopolis, le nouveau long métrage de David Cronenberg alors présenté en compétition. Et plus aucun doute possible : la star de Twilight est passée dans une autre dimension, celle des grands. 


Annoncé à tort comme un retour à ses premières amours trash, ce vingtième film de David Cronenberg se révèle étrangement contemporain, presque tourné vers l'avenir. Il met en analogie la description d'un monde déliquescent et la chute d'un golden boy (Pattinson donc), cloitré dans sa limousine, totalement imperméable au monde extérieur, ravagé par le cynisme puis par la paranoïa et la suspicion. Jouissant d'un confort matériel hallucinant, le personnage n'est même pas trentenaire qu'il a tout en sa possession. 


Ce n'est pas pour autant qu'il est heureux : son corps débloque et physiquement, il ressemble à un vampire (normal pour Rob), froid et dépourvu de sentiments, robotique et blafard, effrayé par le soleil. Il est le produit de son environnement capitaliste où, pour arriver à ses fins, la compétitivité et la rivalité ont contribué à annihiler chez lui toute trace d'émotion. 

Son parcours impassible face aux événements, des manifestations contre l'ordre financier aux lâchers de rats en passant par les rencontres furtives et l'atmosphère d'apocalypse, peut laisser perplexe. Mais la profusion de situations absurdes dépasse autant le personnage principal qui croyait dominer le monde et qui va être rattrapé par ce qu'il ne soupçonnait pas, niait ou refoulait. C'est la mort annoncée d'un homme et, à travers de lui, de tout un système. 


Face à l'adversité et à cette dénonciation féroce des travers du monde occidental contemporain, le réalisateur de Faux Semblants n'a pas de solutions toutes faites. Mais il traduit subtilement un espoir paradoxal en opposant les toiles de Pollock et de Rothko. 

Pattinson transcendé par Cronenberg

Le roman de Don DeDillo dont le film est tiré préfigurait un futur inquiétant avec un art de la prolepse et considérait la relative tranquillité du mode de vie occidental comme un luxe reposant sur un équilibre précaire. Le déroulement était rigoureusement programmé selon un ordre qui satisfaisait l'instinct autant que la logique. Cronenberg raconte fidèlement cette trajectoire au présent, avec une légère tendance à la théorie proche de ses premières expérimentations où il scrutait des humains comme des rats de laboratoire et finalement pas si éloignée de son précédent A Dangerous Method (2011). 

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Heureusement, la mise en scène est un modèle de simplicité et d'invention (des mouvements de caméra imperceptibles avancent vers le spectateur pour le rendre claustrophobe). Elle traduit sans effets tarabiscotés une vérité vertigineuse. Incidemment, Cosmopolis traite beaucoup du langage, un des thèmes fétiches de Cronenberg, de la manière dont les informations parviennent et de la capacité à établir des relations : entre le cérébral et le sensuel, l'individuel et le social, l'instinctif et l'affectif. A chacun de ces liens correspond une forme de communication spécifique : gestuelle, abstraite ou sensuelle. 


Et pour les communiquer, il fallait un acteur aussi robuste que Robert Pattinson, à l'aise dans chaque scène et dans tous les registres, convaincant d'un bout à l'autre. Le début d'une nouvelle carrière dans des films adultes.


Cosmopolis est projeté au 43e Festival de Deauville à l'occasion de l'hommage à son acteur principal Robert Pattinson

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