"Aimer, boire et chanter" : le dernier Alain Resnais ne fait pas l'unanimité

"Aimer, boire et chanter" : le dernier Alain Resnais ne fait pas l'unanimité

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CRITIQUE - En salles ce mercredi 26 mars, "Aimer, boire et chanter" est l'ultime film du cinéaste français Alain Resnais. Un dernier tour de piste qui a divisé les critiques de Metronews.

POUR : Un réjouissant bouquet final (Maryline Letertre)

Dans la campagne anglaise, trois femmes qui s’ennuient dans leur couple en pincent pour le même homme. Ce bourreau des cœurs, Alain Resnais ne le filme jamais : le fameux Georges n’existe qu’à travers les regards et les mots de ses conquêtes et de leurs époux, sextet de cette partition fantaisiste autour de l’amour, des regrets et du temps qui passe. Associant le théâtre filmé à la romcom d’âge mûr, cette nouvelle adaptation d’Alan Ayckbourn après Smoking/No Smoking et Coeurs offre un écrin incomparable à son casting, de nouveau dominé par Sabine Azéma, muse et compagne du cinéaste disparu. Vif et malicieux, coloré et cartoonesque, Aimer, boire et chanter rivalise d’élégance et d’intelligence. L’occasion pour les amateurs de voir Resnais renaître de ses cendres le temps d’une séance.

CONTRE : Digne mais ennuyeux (Mehdi Omaïs)

Chantre des jolis mots, ivre de liberté, Alain Resnais a toujours travaillé comme sa sensibilité l'entendait. Electron libre au cœur d'un cinéma formaté. A quelques exceptions près, ses œuvres ont eu le mérite de diviser et de créer de beaux débats. Et c'est tant mieux. Avec Aimer, boire et chanter, l'intéressé convoque sa touche singulière et ses acteurs fétiches, Sabine Azema en tête. Il s'amuse à balader ses personnages dans un jeu de l'amour et du hasard conduit par un personnage secret. Un manitou qui lui ressemble et qui tire les cordes. Derrière sa symbolique, le résultat ne dépasse hélas jamais le statut de théâtre filmé. Le spectateur, asphyxié par un minimalisme repoussant, se sentira exclus de ce rendez-vous intime. Reste une dernière séquence prémonitoire, touchante et qui boucle la boucle avec l'élégance du regretté maestro.

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