Au Grand Bivouac, les femmes du Moyen-Orient ont levé la tête avec panache

Au Grand Bivouac, les femmes du Moyen-Orient ont levé la tête avec panache

CINÉMA
DirectLCI
FESTIVAL – La 35e édition du Grand Bivouac, festival dévolu au voyage et à la découverte, s’est déroulée du 13 au 16 octobre à Albertville (Savoie). Parmi les nombreux documentaires projetés, les 35 000 festivaliers en ont ovationné trois, consacrés à de courageuses Iraniennes et Palestiniennes.

"Vivre !" C’est sous ce mot d’ordre tout simple que le Grand Bivouac a lancé sa 35e édition. Ce festival savoyard, bien connu des amoureux du voyage, de l’aventure et de l’exploration, met la rencontre avec l’autre au sommet de ses préoccupations, surtout quand cet autre ne peut pas vivre, lui, tout simplement. 


Entre deux conférences, des signatures au salon du livre et des expositions multimédia, de nombreux documentaires montraient des pays où les femmes sont privées de droits, ou réduites à leur statut d’épouses et de mères. Or ce sont dans les carcans sociétaux et religieux les plus stricts que des voix sensationnelles se sont fait entendre, à travers trois films vigoureusement applaudis.

Donner un concert à Téhéran quand on est une femme ? Une folie

Dans No Land’s Song d’Ayat Najafi, la jeune chanteuse iranienne Sara Najafi s'est lancée dans un défi insensé : donner un concert à Téhéran avec des solistes féminines. Insensé car la loi islamique en vigueur en Iran interdit aux femmes de chanter, "pour ne pas exciter le désir des hommes". Dans un parcours de la combattante plein de suspense, Sara va se battre contre les interdictions du ministère, poussant l'audace à inviter Jeanne Cherhal, Elise Caron et la Tunisienne Emel Mathlouthi à se joindre à elle pour un concert historique en pleine transition politique. La fin, qu’on ne dévoilera pas, donne la chair de poule. 

Surfer dans le sud de l'Iran en hijab ? Pas si insensé

Toujours en Iran, pays dont les beautés et l'attrait touristique ont été loués pendant tout le festival, Into the sea de Marion Poizeau montrait une autre révolution : comment une Irlandaise et des sportives professionnelles iraniennes ont été les premières femmes à surfer dans le Balouchistan, au sud de l’Iran. Alors qu’on s’attendait à voir les chefs religieux s’étrangler devant ces sportives téméraires, ceux-ci les ont accueillies avec bienveillance, encourageant même les femmes du village à apprendre le surf…

Battre les hommes dans un rallye automobile en Palestine ? C'est fait

Mais c’est Speed Sisters, d’Amber Fares, qui a donné envie au public de se lever pour applaudir derrière l’écran Marah, Noor, Mona et Betty, qui forment la première - et seule - équipe de pilotes automobile de Palestine, et du monde arabe dans son entier. De fortes personnalités, vives et drôles, soutenues à 100% par leur famille, qui doivent néanmoins batailler pour s’entraîner et concourir dans un quotidien haché par les checkpoints et les explosions. Le film, rythmé à cent à l’heure, porte lui aussi un beau message d’espoir : aucun gouvernement, aucun interdit religieux n’empêchera les femmes du moyen-orient de chanter, de surfer ou de piloter. De "vivre !", une fois pour toutes. 

Plus d'articles

Lire et commenter