Avec "Ex Machina", Alex Garland fait son Frankenstein high tech

CINÉMA

CRITIQUE – Ecrivain et scénariste à succès, le Britannique Alex Garland passe à la réalisation avec "Ex Machina". Une fable (presque) futuriste où il est question de passion créatrice, d’intelligence artificielle et d’humanité sacrifiée.

Solitaire et mégalomane, Nathan (Oscar Isaac) ne quitte jamais sa maison, un bijou d’architecture niché dans une nature luxuriante. C’est dans cet environnement, qui siérait parfaitement à un catalogue de Philippe Starck, que ce richissime patron d’une société d’informatique mène un projet ambitieux : développer des robots féminins doués d’une intelligence artificielle. Pour tester ses créations, ce dernier va faire appel à Caleb (Dohmnall Gleeson), un jeune programmateur employé au sein de son empire. 

En somme, tel est le point de départ de Ex Machina, le premier film du Britannique Alex Garland. Un nom qui vous dit forcément quelque chose puisqu’il s’agit de l’auteur du roman La Plage, adapté au cinéma par Danny Boyle avec Leonardo DiCaprio, et du scénariste de 28 jours plus tard ou Sunshine. Autant dire que son premier passage derrière la caméra était attendu ardemment par une horde de cinéphiles.

Efficace mais sans surprise

Si le débutant s’en sort avec les honneurs d’un point de vue formel, sa réflexion manque d’épaisseur. En effet, les images léchées et le soin apporté au cadre ne contrebalancent en rien la faiblesse absolue d’un scénario défraîchi, énième variation sur le mythe de Frankenstein. Ou comment l’homme - ici dévoyé par une suffisance abjecte - va mettre sur pied une créature qui, forcément, va se retourner contre lui.

Pour en arriver là, le spectateur devra subir la logorrhée absconse des protagonistes et le sur-symbolisme insistant du cinéaste. Lequel reste beaucoup trop proche du tout-venant pour surprendre véritablement.
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