"Avengers : Infinity War", la critique : l’apocalypse dont les fans rêvaient

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ON AIME – Le méga-blockbuster "Avengers : Infinity War" sort ce mercredi sur les écrans. Si l’addition de superhéros – 67 personnages à l’écran – est admirablement gérée par les réalisateurs Anthony et Joe Russo, c’est le grand méchant Thanos qui crée la surprise… Et le chaos.

Encore un film de superhéros ? Oui mais pas n’importe lequel ! En salles ce mercredi, "Avengers : Infinity War" marque les dix ans de l’Univers Cinématographique Marvel, un projet sans pareil dans l’histoire du cinéma à grand spectacle. Du cinéma tout court. L’idée est simple : développer une série de films mettant en scène les différents personnages issus des comics de la célèbre maison d'édition. Avec des aventures communes et des histoires individuelles dans lesquelles les uns et les autres apparaissent suivant l’imagination des scénaristes. Hétéroclites et inégaux, les 18 films produits jusqu’ici ont flirté avec un peu tous les genres : l'action et la comédie ("Iron Man", "Spider-Man : Homecoming"), l’heroïc fantasy ("Thor"), la SF ("Les Gardiens de la galaxie") et même le thriller à tendance politique ("Captain America", "Black Panther").

 

"Avengers : Infinity War" est la somme de tous ces détours avec pas moins de 67 personnages au générique. Sur le papier, c’était sacrément casse-gueule. Mais les frères Anthony et Joe Russo, déjà aux commandes de "Captain America : Le Soldat de l’hiver" et "Captain America : Civil War" tiennent le cap et s’en sortent avec les honneurs, sinon avec brio. Première (très) bonne idée ? Faire du supervilain Thanos le pivot du film, celui par lequel le drame arrive – et de ce côté-là, le duo de cinéastes va provoquer quelques crises de panique chez les amateurs assidus. Mais aussi le personnage grâce et/ou à cause duquel tout se petit monde va se croiser, se fâcher, faire connaissance ou se réconcilier. Malin.

Le film commence là où le très (trop ?) parodique "Thor : Ragnarok", sorti l’an dernier, s’était achevé. Asgard détruite, le fils d’Odin a embarqué son peuple à bord d’un navire spatial, direction la Terre. Sauf qu’en chemin, ce fameux Thanos a tout fichu en l’air, massacrant (presque) tous les passagers sinon le héros borgne, son copain vert Hulk et son frangin faux-cul Loki. Et là, ça ne rigole plus. Le colosse, interprété sous une épaisse couche de latex par l’excellent Josh Brolin, cherche à réunir les six pierres d’infinité, disséminées dans l’Univers Cinématographique Marvel, afin d’exercer le pouvoir absolu. Pour ça, il est prêt à tout. Vraiment tout. Et surtout le pire. Vous n'imaginez même pas...

 

Autour de ce fil dramatique simpliste mais diablement efficace, le scénario tisse une série de drames plus personnels, impliquant les différents protagonistes des épisodes précédents. Entre deux scènes d’action toujours plus destructrices, le spectateur a donc droit à une poignée de séquences intimistes entre, pèle-mêle, Tony Stark et Pepper Potts, Starlord et Gomorra, Vision et Wanda Maximoff, ou encore Hulk avec… Hulk. Même lorsqu’ils ne bénéficient que d’un temps limité à l’écran, les personnages sont incarnés, crédibles, vivants, jusque dans les petits traits d’humour qui caractérisent certains. C’est l’une des grandes forces du film, en partie grâce au talent des (très) bons acteurs, Robert Downey Jr. en tête.

Impossible d’en dire plus pour ne pas spoiler les premiers spectateurs. Mais en dépit d’une foule de digressions, les frères Russo maintiennent un suspense qui va crescendo jusqu’au grand final, parmi les plus dérangeants de la saga. Le genre d’apocalypse dont les fans rêvaient. Un bémol ? Si visuellement, c’est propre, carré, lisible y compris dans les moments les plus chaotiques, il manque ce petit grain de folie et d’imprévu qui rendrait l’entreprise totalement inoubliable. Ceux qui sont encore sous le choc de l’hommage à Kubrick dans le récent "Ready Player One" de Steven Spielberg comprendront. Peut-être le coup d’après ?  Rappelons que la suite, déjà tournée, sera sur les écrans en mai 2019. Le business n’attend pas.


>> "Avengers : Infinity War" de Anthony et Joe Russo. Avec Robert Downey Jr., Josh Brolin, Chris Hemsworth. Durée : 2h29. En salles ce mercredi.

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