"Babysitting" : la comédie française biberonnée à la culture US

"Babysitting" : la comédie française biberonnée à la culture US

CINÉMA
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CRITIQUE - Mercredi, vous pourrez découvrir en salles un "Babysitting" qui tourne très mal. Cette comédie française, d'influence très américaine, multiplie les maladresses mais séduit par sa générosité.

Complètement transparent ! Aux yeux de son patron, l'autocratique et égocentré Marc Schaudel (Gérard Jugnot), Franck est un simple larbin. Un homme du petit personnel dont les seules compétences consistent à répondre au téléphone et prendre des messages. Pourtant, c'est à lui que le chef d'entreprise confie la garde de son fils Rémy suite à un concours de circonstances farfelues. Le soir de ses 30 ans, contre son gré, le héros de Babysitting se retrouve ainsi dans une luxueuse maison de Saint-Germain-en-Laye en compagnie d'un môme d'une rare insolence.

L'histoire aurait pu s'arrêter là si les amis de Franck n'avaient pas pris l'initiative de faire une intrusion fracassante sur les lieux. D'abord deux, puis trois, puis six... Ils sont bientôt plus de cent à célébrer l'anniversaire de leur ami. Champagne qui coule à flot, danseuses sexy, assassinat de perroquet... En un rien de temps, la demeure est mise sens dessus dessous. Si ce projet made in France a été pensé et écrit bien avant Projet X, il multiplie pourtant les ressemblances avec le long métrage américain de Nima Nourizadeh, sorti en 2012, ou avec les différents opus de la saga Very Bad Trip.

Attention à la reproduction littérale

Babysitting a beau arpenter des sentiers archi balisés, il parvient, au grand dam de ses détracteurs, à livrer une poignée de surprises et quelques instants de franche camaraderie. Notamment grâce à son casting pêchu. Toutefois, pour trouver un ton singulier et purement hexagonal, il aurait fallu que Philippe Lacheau (qui incarne Franck) et Nicolas Benamou s'affranchissent d'un décor purement américain. Un appartement parisien aurait par exemple été plus probant que cette demeure tout droit sortie d'une émission bling bling comme sait les programmer MTV. Visuellement, le résultat s'apparente à un ersatz, certes bien digéré, d'une myriade de reality shows et de comédies gravitant autour des jeunes adultes.

On lui reconnaitra certes un usage probant du principe du found footage (caméra retrouvée), dispositif rare dans nos contrées. Ici, l'intrigue se divise en effet en deux parties. La première, filmée de manière classique, est centrée sur les réactions des parents de Rémy devant les images de la soirée recueillies par les flics. La seconde, mise en scène façon amateur, retrace les aventures saugrenues (et souvent attendues) des héros. Globalement fluide, la narration est d'ailleurs l'un des véritables atouts de cette comédie qui essaye, tant bien que mal, d'apporter de l'innovation à la comédie française. Laquelle est actuellement victime de scénarios insipides portés par des acteurs caduques. L'initiative n'est donc pas pour nous déplaire.

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