Beaune 2014 - "The Raid 2" entre dans l'histoire du film d'action

Beaune 2014 - "The Raid 2" entre dans l'histoire du film d'action

CINÉMA
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EVENEMENT - Vendredi soir, le Festival International du Film Policier de Beaune a projeté en avant-première européenne "The Raid 2 : Berandal". Le public a littéralement vibré devant ce spectacle étourdissant.

On l'avait laissé à bout de souffle, le corps ankylosé. En juin 2012, Rama (Iko Uwais), un policier sur le point d'être papa, livrait des combats d'exception dans une citadelle chauffée à blanc. Et parvenait à faire tomber le dangereux trafiquant de drogue qui y siégeait en tyran. C'est ainsi que s'achevait The Raid, devenu en un tournemain un classique instantané du film d'action. Mais ce n'est pas parce qu'on coupe la tête à un méchant que l'histoire s'arrête. Raison pour laquelle le cinéaste gallois Gareth Evans a choisi de dépasser le petit arbre pour nous dévoiler une forêt bien sombre.

Toujours avec le véloce Iko Uwais dans la peau du héros bagarreur, cette suite ultra attendue, qui a mis Sundance KO, se déroule deux heures après les faits du précédent. A peine a-t-il le temps de reprendre son souffle que Rama se voit en effet imposer une mission périlleuse. Laquelle consiste à infiltrer un syndicat du crime où règnent la mafia indonésienne et les yakusas. Il devient Yuda et consent à faire de la prison pour gagner petit à petit la confiance d'Uco, le rejeton d'un criminel milliardaire.

Deux fois plus d'action et de violence

Contrairement au premier opus, The Raid 2 ne se limite pas uniquement à l'opposition manichéenne entre gentils flics et bandits salauds. Outre l'approfondissement psychologique du protagoniste, le scénario entend dresser le portrait d'un monde sans pitié où les uns et les autres se cannibalisent littéralement. Si les acteurs sont en roue libre et les dialogues étirés pour pas grand chose, les séquences d'action atteignent en revanche une virtuosité paroxysmique. A l'instar d'un film porno, le blabla permet ici de reprendre son souffle avant la prochaine castagne extatique.

Dans les cuisines, les voitures, les prisons où la boue, les coups partent à une vitesse affolante pour notre plus grand bonheur. Enchaînant les morceaux de bravoure avec un talent fou, Evans se montre encore plus efficace qu'à l'accoutumée. Les combats, chorégraphiés avec une perfection maladive, sont d'une lisibilité folle. Mâchoire ouverte et cœur pétaradant, le spectateur savourera chacun des gestes et des postures du pencak-silat, le sublime art martial pratiqué par le héros.

Gareth, dans l'histoire

Au final, The Raid 2 constitue le fantasme absolu d'un cinéaste passionné et passionnant. Un bloc de violence taillé dans le marbre dans lequel il dit à ceux qui n'y ont pas cru depuis ses débuts : "Regardez ce que je sais faire". Il veut prouver qu'il peut en découdre. Et il y parvient sans l'ombre d'un doute. On a beau cherché mais aucun cinéaste au monde n'est capable de filmer aussi viscéralement que lui les arts martiaux. Ce second opus réécrit l'histoire du film d'action avec sa propre grammaire visuelle et constitue un sommet qu'il sera difficile d'égaler.

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