Beaune 2016 - "Man on High Heels", "Desierto" et "Very Big Shot" : les coups de coeur de metronews !

CINÉMA

BEST OF - Le Festival International du Film Policier de Beaune s’est achevé ce samedi soir avec le couronnement du long métrage sud-coréen "Man on High Heels". Lequel fait partie des chouchous de metronews. Retour sur les trois meilleurs film de la sélection 2016.

 MAN ON HIGH HEELS (en salles le 13 juillet)
Contrairement à ses confrères Bong Joon-ho, Park Chan-wook ou Kim Ji-woon, le cinéaste sud-coréen Jang Jin n’a toujours pas eu le plaisir de voir une de ses oeuvres conquérir les salles obscures hexagonales. Le 13 juillet prochain, le tort sera réparé avec la sortie de Man on High Heels, son 7ème long métrage, lequel a fait sensation lors de la 8ème édition du Festival de Beaune. L’histoire ? Flic cabossé dans l’âme et la chair, Ji-wook casse la gueule aux méchants mafieux avec toute la badasserie du monde, usant de parapluies, de couteaux ou de ses propres poings. Dans son intimité, il aspire pourtant à mieux que ce torrent de virilité qu’il s’inflige et qu’il exècre. Oui : le bonhomme voudrait laisser s’épanouir la femme qui sommeille en lui, une bonne fois pour toute. En jonglant inventivement avec les codes du polar, cette dinguerie LGBT un brin bordélique dépeint, entre furie et poésie, la recherche identitaire d’un héros attachant dont le bruit des talons aiguilles finira par atteindre les oreilles de tous les cinéphiles.

 DESIERTO (en salles le 13 avril)
Il le présente comme la version terrestre de Gravity, dont il a coécrit le scénario avec son papa Alfonso. Pour les besoins de Desierto, son second long métrage en qualité de réalisateur, Jonas Cuarón a en effet filmé le désert comme un paysage spatial et en a fait le théâtre d’une éprouvante chasse à l’homme. Le jeune cinéaste immortalise plus précisément la lutte pour la survie d’une poignée d’immigrants clandestins mexicains traquée par un redneck et son chien (une bébête qui ferait passer Cujo pour Pluto). A l’instar des Dents de la Mer, dont il est un fan, Cuarón occupe l’espace avec maestria, transformant les décors en un océan aride dans lequel un fou armé et son requin de cerbère sèment la terreur. Radicale, cette réalisation se reçoit comme un uppercut et assume -avec un manque de subtilité surmontable- sa portée politique. Impossible en effet de ne pas faire le parallèle entre le sort des héros et celui que vivent des centaines de milliers de réfugiés ou de ne pas lire la charge anti-armes en filigrane de ce survival mainstream et auteurisant.   

VERY BIG SHOT (date de sortie inconnue pour l’instant)
C’est précédé d’une solide réputation que le long métrage libano-qatari Very Big Shot a investi la ville de Beaune. En décembre dernier, son talentueux réalisateur Mir-Jean Bou Chaaya, 27 ans, remportait l’Etoile d’Or au Festival de Marrakech, trophée qu’il a reçu des mains du maître Francis Ford Coppola. Qu’on se le dise : son film détonne à plus d’un titre, notamment pour son caractère totalement hybride. Entre polar et comédie aux effluves burlesques, le récit qu’il nous propose ne cesse de changer de direction et de rebattre les cartes des possibles. Ici, c’est le destin de trois frères qui passionne le cinéaste. Il y a d’un côté Joe, un bon gars sans histoire qui tient la pizzeria familiale avec rigueur. Et de l’autre, ses bras cassés de frères Ziad et Jad qui, suite à une déconvenue scabreuse, se voient obligés d’écouler un imposant stock de captagon. Comment ? En mettant en scène un faux film pour refourguer la marchandise en Europe via les bobines. Foutraque, généreuse, politique… Les adjectifs jouent des coudes pour caractériser cette satire sociétale confectionnée avec les moyens du coeur.  

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