"Belles familles" : cinéma de papa pour retrouvailles pépères

CINÉMA
COMEBACK- Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur de "Cyrano de Bergerac" et "Le hussard sur le toit", revient avec une chronique familiale soignée mais datée.

Un retour attendu
Douze ans, depuis Bon voyage, que Jean-Paul Rappeneau avait déserté les écrans de cinéma. Aussi en attendait-on beaucoup, peut-être trop, du réalisateur du Sauvage et de Tout feu tout flamme. Dans Belles familles, le cinéaste filme le retour d’un quadra fiancé et expatrié sur ses terres provinciales. En négociant la vente de la maison familiale, il renouera avec les siens, retrouvera son patrimoine, verra ressurgir ses blessures d’enfance et, au passage, rencontrera une autre femme liée à la seconde vie de son père. Un postulat qui permet à l’auteur d’osciller entre romance, chronique familiale et comédie de boulevard.

Un cinéma désuet
Avec une trame aussi classique, il eut fallu de l’audace, du rythme, du tempérament. Or, Belles familles, avec ses maîtresses dans le placard, ses hystéries familiales, ses poncifs sur le pardon, la passion et la transmission, et son ballet final, tout droit sorti d’une pièce de boulevard, sent un peu le renfermé. L’image est certes léchée mais le huitième film du metteur en scène, atone et old school, manque de souffle romanesque, d’émotion et d’humour.

Un casting de luxe
D’acteurs populaires en icônes du cinéma d’auteur, Belles familles rassemble des grosses pointures qui, hélas, reprennent tous les emplois qu’on leur connaît trop bien. Bien qu’irréprochable, Mathieu Amalric joue l’écorché nerveux, Gilles Lellouche, inattendu mais à son aise chez Rappeneau, incarne un beau parleur mal dégrossi, Guillaume de Tonquédec, un bourgeois coincé, Nicole Garcia, une mère chic et digne... Aussi, s’il est une raison d’aller voir cette comédie mélancolique, c’est sans conteste Marine Vacth, la révélation de Jeune et Jolie, qui confirme ici son incroyable charisme.

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