Ben Affleck : "L'ambiguïté morale des gangsters me plaît"

Ben Affleck : "L'ambiguïté morale des gangsters me plaît"
CINÉMA
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INTERVIEW – De passage à Paris, l’acteur-réalisateur a évoqué son quatrième long-métrage au micro de LCI. Dans "Live By Night", il plonge le spectateur à l’époque de la Prohibition pour suivre le parcours d’un gangster impitoyable et romantique.

C’est votre seconde adaptation de Denis Lehane. Qu’aimez-vous dans ses récits ? 

C’est juste un grand auteur qui écrit des personnages, des dialogues et des histoires très imagées, visuelles, qui s’adaptent facilement à l’écran. Clint Eastwood et Martin Scorsese se sont d’ailleurs intéressés à Lehane eux aussi. J’avais aussi très envie de faire un film de gangsters classique.


Il était déjà question de gangsters dans The Town. Pourquoi une telle fascination ? 

Le genre a cette ambiguïté morale qui me plaît et permet de poser un regard intéressant sur la société : les films de gangsters peuvent être très provocants et ont été fondateurs pour les réalisateurs dans les années 30 et 40. Je ne fais que prendre le relais. 


C’est un fantasme pour un acteur de jouer un gangster ? 

Le chapeau, le costume, les flingues, les filles, les courses-poursuites en voiture et tous ces trucs sexy et percutants, c’est hyper excitant à jouer et à filmer.

Je suis à fond derrière mon frère Casey pour les Oscars !Ben Affleck

Dans votre film, le héros n’est pas qu’un criminel. C’est aussi un amoureux... 

Dans cette histoire, les filles ne sont pas justes accessoires. Elles sont complexes, elles évoluent. Sienna Miller représente le coup de foudre, la femme qui vous fait tomber passionnément amoureux. Zoe Saldana représente l’amour plus mature, plus évolué entre deux personnages qui se comprennent et sont prêts à tout sacrifier l’un pour l’autre. Elle Fanning est à la lisière entre la jeunesse et l’âge adulte : elle incarne l’innocence perdue. 


L’autre spécificité du film, c’est le contexte historique avec la montée du Ku Klux Klan aux Etats-Unis. 

Les problématiques de l’immigration, de l’intégration et le comportement des protestants face à cela m’ont beaucoup interpellé. Cela donnait encore plus de pertinence au film. 


Votre personnage est un ancien soldat devenu hors la loi... 

C’est ce qui le définit. Il a vu la mort et la destruction pendant la première guerre et a perdu ses illusions. Il ne veut plus recevoir d’ordres de personne et a développé ce rejet de toute forme d’autorité qui l’a mené à cette vie criminelle.


Réaliser est une façon de jouer les rôles dont vous rêvez ? 

C’est en effet un bon moyen de se trouver du boulot ! Pour moi, un projet est d’autant plus pertinent s’il me permet d’incarner un beau personnage.


Un mot sur votre frère qui est l’un des favoris aux Oscars pour son rôle dans Manchester By The Sea...

Je touche du bois et j’espère que le rêve va se réaliser. Je suis à fond derrière lui. Et j’espère que nous allons retravailler ensemble après Will Hunting et Gone baby gone. 

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