"Blood Father" : une honnête série B sauvée par Mel Gibson

CINÉMA
ON HESITE - En salles ce mercredi, "Blood Father" de Jean-François Richet, auteur du diptyque "Mesrine", dresse le portrait d’un papa prêt à tout pour sauver sa fille des griffes de narcotrafiquants. Si Mel Gibson excelle dans le rôle-titre, on ne peut pas en dire autant pour le reste. Explications.

 

Paysages désertiques, bâtisses délabrées, vent sablonneux… Si le décorum vous est familier, rien de plus normal. Blood Father a été tourné autour d’Albuquerque, Nouveau Mexique, aux endroits-mêmes où Walter White se mouvait dans la fameuse série télévisée Breaking Bad. C’est au coeur de ces lieux quasi spatiaux que le Français Jean-François Richet a décidé de faire vivre John Link, un héros imaginé par le romancier américain Peter Craig.


Barbe poivre et sel, tatouages à longueur d’épiderme, allure blasée… Le bonhomme est, à vue de nez, ce qui se fait de plus performant en matière de dur à cuir. Il faut dire que son passé plaide pour lui : ex-motard, ex-alcoolique, ex-taulard, il a jonglé avec les délits avant de se racheter une nouvelle conduite depuis sa caravane, où il gagne son pain en qualité de tatoueur. L’accalmie tant escomptée s’écroule pourtant comme un château de cartes quand il reçoit un appel de sa fille Lydia, 17 ans, lamentablement campée par Erin Moriarty.





Gibson résiste dans la tempête

La gamine, qu’il n’a pas revue depuis des lustres, a tué par accident un caïd lors d’un braquage raté, déchaînant ainsi l’ire poussiéreuse d’une horde de narcotrafiquants revanchards. Impeccable dans cet univers aux consonances mad-maxesques, Mel Gibson est la vraie bonne idée de cette deuxième réalisation US de Jean-François Richet, dix ans après Assault sur le central 13. Il y a en effet quelque d’assez jouissif à le voir serrer les poings sous les traits de ce personnage, généreusement incarné, qui se libère par la violence.  


Mais au-delà du simple plaisir nostalgique de voir le bon vieux Mel harponner un rôle pareil, Blood Father n’a hélas pas beaucoup d’arguments pour convaincre. Drapée dans ces filtres (invariablement) jaunâtres que nous ressortent tous les réalisateurs s'attelant aux cartels, cette série B à l’ancienne déroule, avec une paresse manifeste, son scénario faussement badass et cousu de fil blanc. Les scènes d’action, toujours balancées entre deux dialogues assommants, sont mises en scène avec un manque de niaque dont Richet n’est pourtant pas coutumier. La matière était pourtant là. 


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