Cate Blanchett présidente : Cannes 2018 sera-t-il le festival des femmes ?

SYMBOLE - La direction du Festival de Cannes a annoncé ce jeudi avoir confié la présidence de sa 71e édition à la comédienne australienne Cate Blanchett. Un choix emblématique pour une manifestation où la place des femmes progresse doucement, mais sûrement, en dépit des critiques récurrentes.

C’est tout sauf un hasard. En confiant à Cate Blanchett la présidence du jury de sa prochaine édition, la direction du Festival de Cannes s’inscrit, à sa manière, dans l’ère post-Weinstein. Ce n’est évidemment pas la première fois qu’une femme est ainsi mise à l’honneur. Au cours des 70 éditions précédentes, 10 professionnelles du Septième art – actrices  et réalisatrices – ont posé leur empreinte sur la plus grande manifestation cinématographique mondiale. Parmi elles, Ingrid Bergman, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani ou encore Isabelle Huppert. La dernière en date ? La Néo-zélandaise Jane Campion en 2014, seule cinéaste à avoir remporté la Palme d’or. C’était en 1993, pour La leçon de piano.


Depuis quelques années, la question revient comme un boomerang entre les mains du délégué général Thierry Frémaux. Cannes fait-il suffisamment de place aux femmes ? En 2017, la sélection officielle comprenait 12 films réalisés par des femmes sur les 49 retenus. C’était 3 de plus qu’en 2016 et 6 de plus qu’en 2015. Au palmarès, on retrouvera 3 femmes parmi les 12 cinéastes récompensés : Sofia Coppola, prix de la mise en scène pour Les Proies, Lynne Ramsay, prix du scénario pour A Beautiful Day, et la jeune Française Léonore Serraille, Caméra d’or, le prix du meilleur premier film, pour le très beau Jeune Femme.

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Autant dire que la sélection 2018, qui sera dévoilée en avril prochain, sera très surveillée. Et très commentée, forcément. "Notre rêve serait de faire un Festival sans les génériques afin que personne ne sache qui a réalisé les films", déclarait en 2015 Thierry Frémaux dans le cadre d’une table ronde organisée par Kering et Le Figaro. "Le Festival de Cannes est au bout de la chaîne, et non pas au début. Selon moi, la vraie question est la suivante : quels sont les autres maillons de la chaîne qui empêchent les femmes d'accéder à la profession de réalisatrice ? Et c'est cette question-là qu'il va falloir approfondir dans les années à venir." Contrairement aux idées reçues, la France n’est pas forcément en retard par rapport à ses voisins européens... 


D’après un rapport publié l’an dernier par le Centre national de la cinématographie (CNC), 22.3% des films français sortis entre 2011 et 2015 étaient dirigés par des femmes, contre 19.7% en Allemagne et 10.2% en Italie. Et ce n’est sans doute qu’un début, puisqu’au cours de la décennie écoulée, la Fémis, l’école de cinéma française la plus reconnue, révèle avoir accueilli 51% d’élèves de sexe féminin. Reste ensuite à trouver des financements. Et c’est là que le bât blesse –encore. En 2015, la somme moyenne accordée à un film réalisé par une femme s’élevait à 3.5 millions d’euros, contre 4.7 millions pour un film réalisé par un homme… 

À Hollywood, c'est bien pire !

Si rien ne dit qu’une femme remportera la Palme d’or en mai prochain sur la Croisette, Cannes devrait s’éviter le psychodrame qui guette Hollywood dans les prochaines heures. Alors que les stars ont décidé de porter du noir sur le tapis rouge des Golden Globes, en soutien aux victimes de harcèlement sexuel, mais aussi pour protester contre les inégalités entre hommes et femmes qui perdurent au royaume du divertissement, aucune femme ne figure en effet parmi les cinq candidats au Golden Globe du meilleur réalisateur, qui sera décerné dimanche soir.


Sur les dix films qui se disputeront les prix du "meilleur film dramatique" et du "meilleur film musical ou comédie", un seul, Lady Bird, est dirigé par une femme, la comédienne Greta Gerwig qui fait ses débuts derrière la caméra… mais doit se contenter d’une nomination au Golden Globe du meilleur scénario. Pour voir une femme réalisatrice sur la scène du Beverly Hilton Hotel dimanche soir, il faudra compter sur la catégorie… meilleur film étranger, où la superstar Angelina Jolie concourt pour son film tourné au Cambodge, D’abord, ils ont tué mon père, diffusé sur Netflix.

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