Catherine Deneuve dédie son Prix Lumière à tous les agriculteurs de France

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ICONE - Vendredi soir, Catherine Deneuve s’est vue remettre le Prix Lumière à l’occasion du Festival Lumière, chapeauté par Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux. La comédienne française était entourée de visages amicaux et familiers, qui ont tenu chacun un rôle particulier dans son parcours artistique. Retour sur une cérémonie chargée en émotion.

Vendredi soir. A l’intérieur du Centre de Congrès de Lyon : 1500 places et autant de personnes attendant fébrilement l’arrivée de Catherine Deneuve. Dans le cadre de la 8ème édition du Festival Lumière de Lyon, la comédienne française doit recevoir le fameux Prix Lumière, comme Martin Scorsese, Clint Eastwood ou Gérard Depardieu avant elle. Une récompense prestigieuse visant à saluer l’ensemble de sa carrière et sa contribution à l’histoire du cinéma. A droite de la scène, un photocall est organisé. Plusieurs personnalités de la profession sont présentes pour l’occasion. Gustave Kervern, Ludivine Sagnier, Marisa Paredes, Park Chan-wook, Michel Hazanavicius, Costa Gavras, Julie Depardieu ou encore Marina Hands se succèdent sous le crépitement des flashs.


Autour de 19h50, le thème de la bande originale des Parapluies de Cherbourg, composé par Michel Legrand, retentit, faisant naître au gré de ces notes mélancoliques la silhouette de l’élégante Catherine Deneuve. La standing ovation commence instantanément, les hourras fusent, jusqu’à ce que la star prenne place, impressionnée, dans la salle, entre sa fille Chiara Mastroianni et Roman Polanski, qui l’avait dirigée en 1965 dans Répulsion. Thierry Frémaux, Délégué Général de la manifestation (et également du Festival de Cannes), prend la parole une fois le calme retrouvé et lit une lettre écrite par le cinéaste Arnaud Desplechin. Lequel a offert deux très beaux rôles à Deneuve dans Rois et Reine et Un contre de Noël. "Elle reste la femme la plus scandaleuse de France (…) Depuis elle, on ne peut plus filmer pareil. Elle est notre Bob Dylan français."

Vincent Lindon s’empare ensuite du micro, le timbre posé, le souffle impressionné, heureux de se trouver dans la même pièce que Deneuve et de "respirer le même air". Il répète combien l’actrice iconique déteste les égards et les feux des projecteurs. Les hommages, surtout. Ne jamais trop lui parler d’elle et de son métier. Alors l’acteur qui lui a donné la réplique dans Belle Maman évoque volontiers sa façon de fumer les cigarettes ou sa passion pour le jardinage et la botanique. Pour elle, "rentrer de voyage sans une petite plante" est impensable. 


Le trublion Quentin Tarantino, fidèle au Festival Lumière, lui emboîte le pas. " Je l’ai admirée au cinéma depuis si jeune ", lance-t-il, lui qui a reçu en 1994 la Palme d’Or pour Pulp Fiction des mains d’un jury dont elle était la vice-présidente. C’est à ce moment qu’il la voit pour la première fois. "C’était un rêve devenu réalité. Je n’avais aucun mot. Je l’ai regardée plusieurs secondes et lui ai dit que je ne savais pas quoi lui dire. Elle a répondu gentiment que je n’étais pas obligé de dire quelque chose. "

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"Vous êtes un modèle et je vous remercie pour ça", confie quelques instants plus tard Lambert Wilson avant d’interpréter trois chansons tirées de la BO des Demoiselles de Rochefort et d’improviser quelques pas de danse devant une Catherine Deneuve à la fois bouleversée et amusée. Bertrand Tavernier, Président du Festival Lumière, devant la caméra duquel elle n’a jamais tourné, fait à son tour ses éloges et cède enfin sa place à Roman Polanski. "Je t’aime Catherine", dira sobrement ce dernier, avant de lui remettre le prix sous un tonnerre d’applaudissements. 


Face au public, chamboulé tout comme elle par une soirée où rien ne comptait plus que l’amour du cinéma, la récipiendaire a lâché : "C’est une situation assez exceptionnelle que je ne revivrai jamais. Et c’est sans aucune tristesse que je dis ça. Etre ici avec tous ces gens est bouleversant. Je suis heureuse et émue. Je vous dis ma gratitude et vous remercie de m’avoir choisie. Car c’est arbitraire de choisir une actrice. " Avec la modestie, l’humilité et la retenue comme leitmotiv, elle conclut : "Je dédie ce prix à tous les agriculteurs de France".       

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