Cédric Jimenez : qui est ce Marseillais qui a ressuscité "La French" ?

Cédric Jimenez : qui est ce Marseillais qui a ressuscité "La French" ?

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PORTRAIT – Cédric Jimenez : retenez ce nom parce qu’il va s’inscrire durablement dans le paysage cinématographique mondial. Ce trentenaire chaleureux vient de réaliser "La French", dans lequel il dirige avec brio Jean Dujardin et Gilles Lellouche. L’occasion de toucher à un sujet qui lui tient à cœur : le destin du Juge Michel.

Regard aux reflets marins, accent marseillais à couper au couteau, Cédric Jimenez, 38 ans, parle de Melville, Verneuil ou Coppola avec une passion débordante. Après une première réalisation maline centrée sur un hacker traquant des terroristes - Aux yeux de tous, sorti en 2012 -, ce natif de la cité phocéenne revient cette année sur le devant de la scène de manière triomphale avec La French. Il y relate le bras de fer ayant opposant le Juge Michel et Gaëtan Zampa, un célèbre mafieux, dans les années 1970. "Cette histoire fait presque partie du patrimoine de Marseille, explique l’intéressé. J’avais 6 ans à l’époque mais ma mère, comme beaucoup d’autres, se souvient jusqu’à présent de ce qu’elle faisait au moment de l’assassinat du juge Michel. Tout le monde s’en rappelle."
 
Vers les Etats-Unis et au-delà ?
 
C’est le producteur Alain Goldman qui a cru à ce projet dès ses prémices. "Il était super emballé, confie Jimenez. Après notre rendez-vous, je suis rentré à la maison et j’ai commencé sans attendre à écrire le scénario avec Audrey [Diwan] (sa compagne à la ville, ndlr). Je me suis lancé dans cette aventure pour rendre hommage au juge Michel. Je respecte ses valeurs. Les gens qui vont au bout de leur conviction avec un tel courage me bouleversent." A l’écran, le jeune cinéaste a réuni les (excellents) acteurs qu’il désirait : Jean Dujardin dans la peau de l’homme de loi et Gilles Lellouche dans celle du malfrat. "Ils sont incroyables. Jean avait le charisme nécessaire pour camper le juge et Gilles a ce côté Lino Ventura qui le rend magnétique".
 
Cédric Jimenez aurait pu être déstabilisé par la pression d’une telle entreprise, budgétée à 20 millions d’euros et ayant nécessité 14 semaines de tournages. Mais il a relevé le défi haut la main. "Je me suis appliqué sur chaque plan comme si c’était le dernier que je tournais de ma vie, avoue-t-il. J’ai fait le film que je rêvais de voir et pas celui qu’il fallait faire." Salué au Festival de Toronto, La French a permis à son réalisateur de taper dans l’œil des américains, qui lui tournent déjà autour. "J’ai un agent là-bas mais, à l’avenir, je me pencherai avant tout sur la qualité d’un projet et non sa nationalité." Lucide et prometteur, donc !

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