"Chanson douce" : le roman terrifiant de Leïla Slimani sera adapté au cinéma par Maïwenn

"Chanson douce" : le roman terrifiant de Leïla Slimani sera adapté au cinéma par Maïwenn

BON CHOIX - C'est finalement la réalisatrice de "Mon Roi" et "Polisse" qui se chargera d'adapter sur grand écran le terrifiant roman de Leïla Slimani, "Chanson douce", racontant l'assassinat de deux jeunes enfants par leur nourrice.

Après avoir lu le roman implacable de Leïla Slimani, paru en août 2016 chez Gallimard, on pouvait légitimement se demander qui allait pouvoir se charger de son adaptation au cinéma. Une évidence tant "tout faisait film" dans ce livre, et ce jusque dans la dimension "lutte des classes" renvoyant incidemment au cinéma du regretté Claude Chabrol - après tout, La Cérémonie s'inspirait des Bonnes de Jean Genet. 

Pour la transposition cinématographique, le choix de Leïla Slimani s'est porté sur Maïwenn, la réalisatrice de Polisse, dont le fort caractère et l'absence de crainte ont très certainement séduit l'écrivaine. Sa prédilection pour l'ambiguïté, aussi, sans doute. 

Son dernier long métrage Mon Roi, réunissant Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel, n'était qu'ambiguïtés, questionnant le point de vue de chacun sur une histoire universelle de couple et racontant, par-delà des apparences, une affaire d'emprise où chacun avait ses raisons et ses torts. 

Une histoire d'équilibre rompu aussi qui commençait par une chute de ski, où le passé heureux revenait sans cesse, à chaque plan, comme un boomerang, comme une flamme à raviver mais qui s'éteignait aussitôt. Une construction en flash-back qui n'est pas sans rappeler... celle de Chanson Douce

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Leïla Slimani, qui nous avait déjà séduit avec son dérangeant premier roman Dans le jardin de l’ogre (Gallimard) sur la chute d'une bourgeoise nymphomane, a les mots simples pour traduire des choses complexes. 

Sa Chanson Douce, qui s'est vendu à plus de 500.000 exemplaires, prend les atours d'un thriller à la chute terrible, qui refuse de faire un suspense malsain autour d'un meurtre d'enfants (révélé dès les deux atroces premières pages). Et qui, à travers le "fait-divers sociétal", raconte aussi d'autres choses, notamment sur les illusions évanouies, sur ce que signifie vivre à Paris et mourir socialement, sur la difficulté de jeunes bobos parisiens d'être eux-mêmes des patrons. 

Au-delà des mots, Slimani sonde dans ce roman quelque chose de puissant sur l'inexorable sentiment de perte, sur la pulsion de mort et la pulsion de vie, sur l'atmosphère à Paris. Soit quelque chose de très actuel sur une capitale endeuillée par l'attentat du Bataclan, soumise aux menaces souterraines, hantée par ses fantômes et ses rescapés. 

On a hâte de voir ce que Maïwenn va proposer et ce qu'elle va obtenir de ses comédiens, elle qui sait les diriger de main de maître...

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