Cherien Dabis, la nouvelle Shéhérazade du cinéma

Cherien Dabis, la nouvelle Shéhérazade du cinéma

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PORTRAIT - L’actrice et réalisatrice d’origine palestinienne Cherien Dabis sonde sa propre identité dans May In The summer. De passage à Paris, la comédienne évoque ce dédoublement qui lui permet d’assumer pleinement ses choix.

"Je suis chez moi partout et nulle part », constate Cherien Dabis en rajustant une mèche de son imposante chevelure de jais. Cette nouvelle Shéhérazade du cinéma mondial a poussé son premier cri en 1976 à Omaha, une petite ville du Nebraska. Palestinienne de père, jordanienne de mère et new-yorkaise de cœur, elle a dû faire face très tôt aux regards racistes de certains Américains, notamment pendant la première guerre du Golfe. "Mon père était médecin et y a perdu de nombreux patients", explique-t-elle. Un constat glaçant auquel elle fait en partie référence dans Amerrika, son magnifique premier film en tant que réalisatrice, salué à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2009. "Il y avait par ailleurs certaines rumeurs farfelues concernant ma mère, poursuit-elle. On lui reprochait d’arracher les rubans de soutien aux G. I. Mais le meilleur du pire, c’est le jour où les services secrets ont débarqué au lycée pour enquêter sur ma sœur de 17 ans sous prétexte qu’elle voulait tuer le président des Etats-Unis."

Prisonnière de son passé
C’est pour " faire taire les stéréotypes" que Cherien, longtemps fascinée par la télévision et le pouvoir des images, a décidé de se lancer dans le septième art. Une carrière qui lui permet aussi, au quotidien, de s’interroger sur sa propre identité. Alors qu’Amerrika racontait l’histoire d’une Arabe en terre américaine, son nouveau long métrage, May in The Summer, relate les pérégrinations d’une Américaine sur le sol arabe. "Ces deux films peuvent être perçus comme un diptyque", précise l’intéressée, qui en a profité pour camper l’héroïne en question.

La belle brune explique : "May est une trentenaire américaine et orientale qui essaie de se détacher de son passé, de lâcher prise, de couper le cordon ombilical et d’être libre d’assumer ses choix." Un peu comme elle-même, éduquée entre tradition et modernisme et prisonnière de cet entre-deux. Fière d’être américaine et palestinienne, Cherien Dabis, également scénariste réputée pour la télé (The L Word), avoue que ses combats premiers sont de "rassembler ses identités et de changer le regard des Occidentaux sur la femme arabe". Tout à son honneur.

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