Christian Bale : "Il faut éviter de vouloir tout contrôler"

Christian Bale : "Il faut éviter de vouloir tout contrôler"

CINÉMA
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RENCONTRE - L'acteur britannique Christian Bale est à l'affiche ce mercredi des "Brasiers de la colère", un drame violent aux antipodes de ses rôles dans la trilogie "Batman". Depuis les Iles Canaries où il tourne son prochain film, il revient pour Metronews sur cette plongée dans l'Amérique oubliée.

"Je vous le passe dans une dizaine de secondes", prévient une publiciste localisée à Los Angeles. Après quelques grésillements consécutifs à l’installation de la communication, la voix rauque et lointaine de Christian Bale surgit enfin. L’acteur britannique est bloqué depuis quelques jours aux Iles Canaries sur le tournage d’Exodus, le prochain film de Ridley Scott dans lequel il incarne Moïse. Professionnel jusqu’au bout des ongles, l'intéressé a malgré tout tenu à défendre Les Brasiers de la colère dans lequel il livre une performance exemplaire.

Plongée dans l’Amérique de la rouille

"J’ai trouvé le scénario formidable et j’avais très envie de travailler avec le cinéaste Scott Cooper, confie-t-il avec un accent à couper au couteau. J’avais adoré son premier film Crazy Heart (qui a valu à Jeff Bridges l’Oscar du meilleur acteur en 2010, ndlr)". L’action de ce drame violent se déroule à Braddock, au centre d'une zone ouvrière américaine de la Rust Belt (ou Ceinture de la rouille, ndlr). "Cette ville a connu il y a quelques années un véritable âge d’or, poursuit le comédien. Mais aujourd’hui, l’impact de la crise économique a été dévastateur sur ses habitants. Ce sont des personnes braves et dignes, soutenus par un excellent maire".

C’est dans cet "écrin fantôme" qu’évolue Russell Baze, le personnage qu’il interprète. Comme son père, ce dernier travaille dans une usine. Ecœurés par ces liens du sang qui mènent inéluctablement à l’industrie, certains, comme son petit frère (étonnant Casey Affleck), trompent l’ennui dans les combats illégaux, enclenchant ainsi une spirale d’ennuis. "Dans le fond, Russell est un type bien, estime Bale. Il essaye de faire les meilleurs choix pour les autres, son frère en tête, et lui-même. Il est en lutte perpétuelle contre l’adversité".

Un acteur aux choix éclectiques

D’American Psycho à Terminator Renaissance, du Nouveau Monde à Public Enemies, Bale aime "changer de registre", trouvant "autant de plaisir derrière les traits de Batman que ceux de Russell Baze". Si la profession le trouve d’un perfectionnisme maladif, Christian s’en défend. "Je pense au contraire qu’il faut éviter de vouloir tout contrôler". Il réfléchit et ajoute : "On compare souvent Les brasiers de la colère à Voyage au bout de l’enfer. J’adore ce film mais je n’y ai pas pensé une seule seconde. Je préfère entrer dans un rôle sans m’imposer de références". Telle est la recette de son succès !

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