Coup de cœur : Ewan McGregor adapte avec brio "American Pastoral" de Philip Roth

Coup de cœur : Ewan McGregor adapte avec brio "American Pastoral" de Philip Roth

CRITIQUE – La star écossaise de "Trainspotting", "Moulin Rouge" et "Ghostwriter" passe à la réalisation en transposant à l’écran le Prix Pulitzer de la fiction 1998. LCI a rencontré l’acteur-réalisateur pour évoquer cette première fois très prometteuse.

Vingt ans qu’il souhaitait réaliser, comme son ami Danny Boyle. Mais le bon projet n’arrivait pas. Jusqu’à American Pastoral. D’abord casté dans le premier rôle, Ewan McGregor prenait finalement les rênes du long-métrage pour accomplir ses rêves de cinéaste. "Les réalisateurs arrivaient et partaient mais le projet ne voyait pas le jour. A la fin 2014, nous avons perdu un metteur en scène à quatre mois du tournage et j’ai eu très peur que le film ne se fasse pas. Ma femme m’a encouragé à passer à l’acte. L’histoire me tenait à cœur". 

Ancré à la fin des années 60, American Pastoral débute sur le portrait d’une famille modèle : Seymour Levov, dit le Suédois, est un homme d’affaire à succès, une ancienne gloire du lycée marié à Dawn, ex-reine de beauté. Leur vie apparemment parfaite sera bientôt brisée par la rébellion de Merry, leur fille adolescente qui, en guerre contre l’establishment, se rapprochera d’un groupe terroriste et sera soupçonnée d’avoir posé une bombe dans un bureau de poste. "Cette histoire est le reflet de ce qui se passait aux Etats-Unis à l’époque. Ce couple représente le rêve américain d’après-guerre et leur fille, la génération Vietnam qui se battait contre les actions du gouvernement." 

Traitement est pudique, intelligent, émouvant

Pourtant, malgré un contexte historique différent, le long-métrage ne pourrait être plus en lien avec notre actualité et les conséquences du Djihad sur les familles des jeunes enrôlés. "Tous les grands livres ou films nous questionnent sur notre vie, sur le monde qui nous entoure. Notre film se situe dans l’après-Vietnam mais il est question de terrorisme, de bombes, d’émeutes. Des choses qui ont encore cours aujourd’hui (...) A la première lecture du scénario, avant même que je ne lise le livre, ce qui m’a accroché, c’est la relation très forte entre ce père et son enfant. Je suis papa de quatre filles et je sais à quel point ce lien est particulier même s’il est ici traité de façon extrême puisqu’elle lui glisse entre les mains en choisissant le terrorisme et la radicalisation." 

Et l’acteur-réalisateur de filmer la douleur, la perte de repères, l’incompréhension de ceux qui restent, et l’abnégation d’un père convaincu de l’innocence de sa fille ou, a minima, de son retour possible à la raison. La mise en scène est certes classique, la subtilité de Roth parfois amoindrie, mais le traitement est pudique, intelligent, émouvant. Au point que l’auteur lui-même, dont le roman était pourtant jugé inadaptable, adoubait les choix du cinéaste débutant. Un bel encouragement amplement mérité pour ce coup d’essai.  

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