"Dallas Buyers Club", une machine à Oscars bien huilée

"Dallas Buyers Club", une machine à Oscars bien huilée

CINÉMA
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SORTIE - Portrait d’un hétéro séropo texan dans l’Amérique eighties, "Dallas Buyers Club" pourrait rafler la mise aux prochains Oscars. Décryptage.

Une histoire vraie bigger than life
A l’instar de 12 years a slave ou Capitaine Phillips, nommés eux aussi à l’Oscar du meilleur film, Dallas Buyers Club possède un atout maitre pour plaire à l’académie: son label "based on a true story". Matthew McConaughey incarne ainsi Ron Woodroof, Redneck accroc au rodeo, au sexe et à la drogue qui, en 1986, apprend sa séropositivité. Les médecins lui donneront un mois à vivre : il freinera le VIH pendant sept ans grâce à des traitements alternatifs dont il fera clandestinement commerce en montant le Dallas buyers club. Et Jean-Marc Vallée de tirer le portrait d’un héros plus grand que la vie qui, marginalisé par la société, défiera le système et se jouera du destin.

Des métamorphoses d’acteurs

Avec Killer Joe, The Paperboy et Mud, Matthew McConaughey avait déjà prouvé qu’il n’était pas qu’une jolie coquille vide. Il enfonce aujourd’hui le clou avec ce rôle de cowboy grande gueule, déterminé et décharné (il a perdu 22 kilos). Face à lui, Jared Leto qui, lui aussi s’est délesté de 25 kilos, trouve le ton juste, entre flamboyance et émotion, pour incarner Rayon, transexuel séropositif et associé du héros. Déjà auréolé des Golden Globes du meilleur acteur et du meilleur second rôle, le tandem part favori aux Oscars.

Une leçon de vie
La transformation physique du héros n’a d’égale que son évolution idéologique : mis au ban d’une société considérant encore le Sida comme une maladie homosexuelle et les séropositifs comme des pestiférés, Ron, hétéro et homophobe, devra lutter contre les préjugés et apprendra la tolérance et la compassion au contact de sa nouvelle amie Rayon.

Des sas de décompression
Malgré la gravité de son sujet, Dallas Buyers Club s’autorise aussi légèreté et humour. Les extravagances de Rayon, le franc-parler de Ron, leurs prises de becs piquantes désamorcent ainsi les risques de sentimentalisme et évitent au film de sombrer dans le mélo pataud et pathos. Un autre bon point probable lors des Oscars pour lesquels l’entertainment est une composante essentielle. Verdict le 2 mars !

 

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