"Dancing in Jaffa" envoie valser les querelles entre Israéliens et Palestiniens

"Dancing in Jaffa" envoie valser les querelles entre Israéliens et Palestiniens

CINÉMA
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CRITIQUE - Mercredi prochain sort en salles le poignant documentaire "Dancing in Jaffa". La réalisatrice Hilla Medalia y filme des enfants Israéliens et Palestiniens qui apprennent la danse. Ensemble, c'est tout.

A Jaffa, Israéliens et Palestiniens vivent ensemble dans une dysharmonie totale. Programmés à se détester dès le plus jeune âge, ces deux peuples s'observent avec méfiance et dégoût. C'est dans ce contexte électrique que débarque Pierre Dulaine, de bonnes intentions plein les valises. Né dans cette ville en 1944, d'une mère palestinienne et d'un père irlandais, ce dernier quitte les lieux à l'âge de 4 ans lors de la création de l'Etat d'Israël. Il vit en Angleterre et en Jordanie avant de s'installer définitivement à New York où il devient une véritable star.

Quatre fois champion du monde de danse de salon, Dulaine enseigne la danse dans les meilleures compagnies et crée les Dancing Classrooms dans les écoles publiques de la grosse pomme. Soit une formation de dix semaines visant à initier les enfants au plaisir de partager un tango ou une rumba, tout en travaillant sur leur -control. Ils sont 350.000 mômes dans 200 écoles différentes à avoir testé leur aptitude à se trémousser. Une recette qui a fleuri également au Canada, en Suisse ou en Jordanie.

Humaniste à souhait

Le documentaire Dancing in Jaffa de Hilla Medalia suit donc ce bon samaritain dans sa croisade pour la paix en Israël. Son objectif ? Faire danser des enfants palestiniens et israéliens afin de briser le mur de haine qui les sépare. En faisant preuve d'une patience à toute épreuve, le sémillant Dulaine gagne petit à petit la confiance de ses élèves et les convie bientôt au plus beau des voyages. Celui de la réconciliation avec eux-mêmes et avec l'"ennemi", un mot qui n'est jamais prononcé mais qui plâtre l'air qu'ils respirent.

A travers quelques visages inoubliables, dont ceux de Noor, Lois et Alaa, Medalia signe un hymne à la concorde. En soignant sa mise en scène, étonnante de beauté pour un documentaire, elle balade sa caméra avec la légèreté d'une colombe qui couverait ces adultes en devenir. Au-delà même du contexte dans laquelle elle s'inscrit, cette œuvre délicate et généreuse, où le rire et les larmes s'empoignent, revêt une universalité qui devrait parler aux quatre coins du globe. Car le langage du corps n'a pas d'accent, pas de nationalité, pas de frontière, pas de barreaux. Il est cimenté dans un vocabulaire précieusement commun.

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