Daniel Auteuil : "Les hommes sont capables des pires atrocités"

CINÉMA

HISTOIRE VRAIE – L’acteur incarne un père luttant pour faire condamner l’assassin de son enfant dans "Au nom de ma fille", long-métrage de Vincent Garenq sur un fait divers qui fit la Une de la presse dans les années 80. Rencontre.

Il est des tragédies dont on ne se remet jamais. André Bamberski le sait plus que quiconque. En 1982, sa fille de 14 ans est retrouvée morte dans le domicile de sa mère et de son beau-père, le docteur Krombach. Après des premiers éléments d’enquête suspects et la confirmation du viol de l’adolescente, les soupçons d’André se porteront sur le médecin allemand qu’il tentera de faire enfermer pendant près de 30 ans.

Ce fait divers, Vincent Garenq l’adapte dans Au nom de ma fille, film d’enquête et de sacrifice porté par un Daniel Auteuil au meilleur de son jeu. "Le combat de cet homme pour faire éclater la justice m’a beaucoup touché", nous explique l’acteur. "Le fait divers disparaît sous la force du destin de ce père meurtri : son obstination emmène le film vers une dimension poétique et humaine très forte. C’est avant tout l’histoire d’amour d’un père pour son enfant."

EN SAVOIR + >> "Au nom de ma fille" : notre interview de André Bamberski

"Etre digne et crédible"

Au-delà des faits, scrupuleusement restitués avec l’aide d’André Bamberski et sous contrôle de la justice, c’est en effet l’acharnement de cet homme, son abnégation, qui interpellent. "J’avais vu et aimé Présumé coupable et L’enquête, les films sur Outreau et Clearstream qu’a réalisé Vincent Garenq. Mais Au nom de ma fille a une force particulière liée à l’empathie que l’on éprouve pour ce personnage. Mon grand souci était d’être à la hauteur de son combat, d’être rigoureux, crédible et digne."

Malgré cette exigence, le comédien et l’homme qu’il interprète ne se sont croisés que rapidement sur le tournage, presque par hasard. "Je n’avais pas cherché à le rencontrer : j’aurais trouvé impudique et indécent de lui poser des questions sur sa douleur." Daniel Auteuil se sera en revanche plongé dans le code pénal pour préparer son rôle.

"C’est fascinant et terrible : chaque cas de figure est prévu. Les hommes ont déjà tout fait : ils sont capables des pires atrocités. D’un autre côté, c’est rassurant de voir que certains individus ont réussi à contrer la machine judiciaire et donner tort au système. André est l’un d’eux. C’est un héros : il a sacrifié sa vie par amour et pour une cause en laquelle il croyait."

A LIRE AUSSI
>>  Daniel Auteuil au secours de Guillaume Gallienne
>> 
Retour sur la saga judiciaire d'André Bamberski  

Lire et commenter