VIDÉO - L'actrice Danielle Darrieux est morte à l'âge de 100 ans

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DISPARITION - Danielle Darrieux est décédée mardi à l'âge de 100 ans, a annoncé jeudi son compagnon. Cette actrice aux 103 films et à la trentaine de pièces a incarné, avant Brigitte Bardot et Catherine Deneuve, une certaine idée de la Française : élégante, piquante, féminine. Retour sur la carrière exceptionnelle de cette "femme du siècle".

Elle venait de fêter ses 100 ans. Danielle Darrieux, immense comédienne qui, de Max Ophüls à François Ozon en passant par Jacques Demy, a traversé tout le cinéma français, est décédée mardi 17 octobre, à son domicile de Bois-le-Roi (Eure), a annoncé son compagnon Jacques Jenvrin, confirmant une information de la présidente des Amis du Patrimoine de Bois Le Roy, Françoise Van Wittenberghe. Mardi "elle s'est endormie, on peut dire". Son état s'était "un peu dégradé récemment après une petite chute", mais "à 100 ans passés, elle était très attachée à la vie" , a-t-il ajouté.


"Je suis née le jour même où partout en France on vend du muguet", s'amusait, dans ses souvenirs, cette actrice aux 103 films et à la trentaine de pièces, archétype de la beauté féminine pour toute une génération. 

Elle a commencé sa carrière de comédienne en 1931

Née le 1er mai 1917 à Bordeaux, fille d'un médecin et d'un couple mélomane, Danielle Darrieux a soufflé ses 14 bougies sur le plateau de son premier film Le Bal, de Wilhelm Thiele en 1931. Elle est alors devenue l'une des rares françaises à mener une carrière internationale : Allemagne, Tchécoslovaquie, Hongrie...

Coqueluche de l'avant-guerre, elle est "la fiancée de Paris"

De Mayerling (1935), son premier rôle tragique, à Battements de coeur (1939) d'Henri Decoin, son premier mari, elle est la coqueluche de l'avant-guerre d'autant qu'à ses talents de comédienne s'ajoute une très jolie voix. On l'appelle alors DD. Ou encore "la fiancée de Paris".

Elle part à Hollywood mais s'ennuie

Le succès mondial de Mayerling lui ouvre les portes d'Hollywood. Après avoir signé un contrat de 7 ans avec les studios Universal, elle tourne The Rage of Paris (La coqueluche de Paris) avec Douglas Fairbanks Jr, en 1938. Mais, très vite, DD s'ennuie et, au bout d'un an, rentre en France.

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Danielle Darrieux, 100 ans de cinéma

Elle continue de jouer pendant la Seconde Guerre mondiale

Danielle Darrieux divorce en 1941, se remarie en 1942 avec le diplomate milliardaire et play-boy dominicain Porfirio Rubirosa. L'actrice n'interrompt pas son activité en France sous l'Occupation, tournant pour la Continental, la société de production allemande installée à Paris. Elle fait partie du fameux voyage à Berlin en 1942 avec d'autres acteurs français. 


"Femme amoureuse", selon ses mots, elle dit avoir accepté cette "invitation" pour voir Rubirosa, qui, soupçonné d'espionnage, venait d'être arrêté par les Allemands. 

Elle commence une seconde guerre à la fin des années 40 sous l'égide de Max Ophüls

Danielle Darrieux se marie à nouveau en 1948 avec le scénariste Georges Mitsinkidès et commence une seconde carrière, notamment dans Madame de... et La Ronde, deux chefs-d'oeuvre de Max Ophüls.

Elle a eu comme partenaires Charles Boyer, Jean Gabin, Gérard Philipe...

Danielle Darrieux a été l'inoubliable partenaire de Charles Boyer dans La ronde (1951), de Jean Gabin dans La Vérité sur Bébé Donge (1953) ou de Gérard Philipe dans Le Rouge et le Noir (1954). 

Elle triomphe à Broadway et joue dans "Les demoiselles de Rochefort"

DD enchaîne les films (Les Demoiselles de Rochefort, Le cavaleur etc) et, à la scène, triomphe à Broadway en 1971 dans une comédie musicale sur Coco Chanel. On la verra ensuite au théâtre à Paris dans Domino (1970) ou Adorable Julia (1987).

Elle reçoit un Molière en 2003

En 2003, celle qui reste une inoubliable "Madame De" interprète seule en scène Oscar et la dame rose (d'Eric-Emmanuel Schmitt), qui lui vaut un Molière de la meilleure comédienne.

Elle joue dans "8 Femmes" de François Ozon

A un âge avancé, Danielle Darrieux a également inspiré de jeunes réalisateurs comme François Ozon (Huit femmes, 2002). "C'est la seule femme qui m'empêche d'avoir peur de vieillir", disait Catherine Deneuve, partenaire dans ce film. L'une de ses dernières apparitions marquantes au cinéma remonte à 2006, avec le film Nouvelle chance d'Anne Fontaine. 

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