Darren Aronofsky : "Noé, c’est mon film de super-héros"

Darren Aronofsky : "Noé, c’est mon film de super-héros"

INTERVIEW - Le réalisateur de "Black Swan" surprend avec sa relecture audacieuse et démesurée de l’histoire de Noé. Rencontre avec un cinéaste qui affronte la polémique et assume ses choix.

Vous aviez déjà signé une BD sur Noé. Pourquoi en faire un film ?
C’était l’envie initiale : j’ai fait la BD parce que je n’arrivais pas à monter le film et que je ne voulais pas que mon scénario pourrisse dans un tiroir. Les récits bibliques m’ont toujours fasciné : ils ont dépassé le cadre de la religion et portent en eux des problématiques universelles. Comme, dans le cas de Noé, cette idée de recommencement et de rédemption pour les êtres humains. Ou cette prise de conscience environnementale avec la sauvegarde des espèces.

Noé a la dimension d'un blockbuster hollywoodien . Pourquoi un tel parti pris ?
Quand vous vous attaquez à une histoire "miraculeuse", le résultat doit être spectaculaire. A une époque où la technologie le permet, il était inenvisageable de ne pas filmer le "débarquement" des bêtes ou le déluge. Et puis, je voulais lutter contre les clichés minimalistes du genre : ne pas filmer des hommes en sandales dans le désert de Judée par exemple. Notre vision est plus proche d’un récit fantastique et épique que d’un documentaire historique.

Les films à caractère religieux sont souvent controversés. Vous craigniez la polémique ?
Pas vraiment car je m’intéressais davantage à la mythologie, aux symboles et aux valeurs qu’à l’aspect biblique. J’ai envisagé ce récit comme les autres, en cherchant à me l’approprier. Après tout, l’interprétation est le propre de l’artiste. Regardez le David de Michel Ange : il n’est pas circoncis alors qu’il était le roi des Juifs. C’est une aberration pour certains mais moi, je respecte avant tout le point de vue de l’artiste.

"Je savais que l’Islam interdisait la représentation des prophètes"

Que pensez-vous de l’interdiction de votre film dans certains pays musulmans ?
Je m’y attendais. Je savais que l’Islam interdisait la représentation des prophètes et des figures religieuses. Je le comprends mais je ne peux pas prendre en compte les traditions et les désirs de chacun.

Des rumeurs faisaient état d’un désaccord avec la Paramount sur le montage du film. Qu’en est-il?
Pour être franc, ça a été un chemin de croix mais tout s’est bien terminé. La version que vous verrez en salle est bien la mienne !

Vous avez souvent été attaché à des projets de films de super héros. En réaliserez-vous un jour ?
Hélas, les super-héros que j’aime sont déjà pris. Sauf peut-être Flash Gordon... Et, de toute façon, avec Noé, j’ai déjà mon film de super-héros.

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