David Belle, juré à Gérardmer 2018 : son "parkour" a aussi bien inspiré les Yamakasi que Captain America

David Belle, juré à Gérardmer 2018 : son "parkour" a aussi bien inspiré les Yamakasi que Captain America

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INTERVIEW - David Belle, membre du jury du 25e Festival de Gérardmer présidé par Mathieu Kassovitz, revient avec nous sur le "parkour", cette discipline sportive extrême née dans les années 90 dont il est le fondateur. Rencontre.

David Belle est le fondateur du "parkour", cette discipline sportive extrême née dans les années 90 consistant à franchir des obstacles en milieu urbain en combinant course, sauts et escalade : "Le parkour a commencé comme un phénomène urbain avant de se développer dans le cinéma et dans d'autres formes artistiques", nous raconte le juré du 25e Festival de Gérardmer qui a découvert le cinéma avec Bruce Lee et Jackie Chan.


"Quand j’ai commencé, je n'ai absolument pas soupçonné la force de résonance du parkour, à quel point ce que je faisais à Lisses (en Essonne) allait séduire dans le monde entier (...) Le phénomène nous a dépassés, on n’avait plus aucun contrôle là-dessus mais je pense que, ce qui a séduit dans cette discipline et ce pourquoi le cinéma s'y est intéressé, c'est parce qu'à une époque où il était possible de tout faire, de tout raconter, de tout montrer avec des effets spéciaux, on revenait un peu comme à l’époque de Belmondo, avec des acteurs capables d'exécuter eux-mêmes leurs cascades." De l'authenticité dans un monde d'artifices. 

Belle ajoute que les principes du parkour existent depuis longtemps dans les bandes dessinées Marvel, mais avant, on n’était pas capables de l’intégrer au cinéma, parce que les acteurs n’avaient pas la condition physique suffisante. 


Depuis, on ne compte plus le nombre de films de super-héros s’inspirent de la discipline pour leurs scènes d’action.

L'inspiration est sombre, l'art lumineux

L'acteur cascadeur cherche à poursuivre cet enseignement du parkour, hérité de son père militaire : "J’ai été élevé par mon grand-père", nous raconte-t-il. "Un jour, il m'a raconté ce qui avait façonné mon père. C’était l’époque de l’armée, des enfants de troupe, des camps… La seule pépite que j’ai pu sortir de tout ce passé un peu sombre , c’est le "parcours" (...) Ainsi, j'ai commencé dans mon coin à Lisses, j’essayais de refaire ce qu’il m’avait dit, de reprendre ce passé et de le remettre à notre époque sous forme ludique (...) Je voulais transmettre aux autres l’envie de bouger et non la souffrance militaire à son origine." L'inspiration est sombre, l'art lumineux. C'est grâce à sa rencontre avec Hubert Koundé, acteur dans La Haine de Mathieu Kassovitz que le parkour est arrivé sur le grand écran.

Pionnier, David Belle hallucine toujours quand il réalise l'évolution du "parkour", de la banlieue à Hollywood en passant par les Yamakasi, ayant lancé la mode : "à l'époque, personne ne le faisait, il n’y avait pas Internet. Et j’étais sûr de moi, c’est dingue d’être jeune et déjà, à 15-16 ans, de se dire "il n’y a personne d'autre que toi dans le monde qui se prend la tête à trois heures du matin pour répéter 300 sauts de précision".

Le "parkour" continue de faire florès, toujours en 2018. Des jeunes du monde entier découvrent ce nouveau moyen d'expression urbain et découvrent leurs propres capacités et limites.

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