Deauville 2015 - Les transsexuels de "Tangerine", attachants et épuisants

Deauville 2015 - Les transsexuels de "Tangerine", attachants et épuisants

CRITIQUE - Précédé d’une très solide réputation Outre Atlantique, "Tangerine", en salles le 30 décembre prochain, a été présenté lundi au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le sujet ? 24 heures dans la vie de deux transsexuels à Los Angeles, le jour de Noël, filmées avec un iPhone 5S.

► Des personnages haut en couleurs
Qu’on le dise d’entrée : le principal atout de Tangerine, cinquième oeuvre de l’américain Sean Baker, provient de ses interprètes. Recrutées dans le quartier de Los Angeles où réside le cinéaste, Kitana Kiki Rodriguez et Mya Taylor y rejouent - toutes proportions gardées - leur propre quotidien. Celui de deux transsexuels volubiles qui partagent les joies et les peines d’une existence à la clarté ténébreuse. Il y a Sin-Dee qui, à sa sortie de prison, apprend que son petit ami l’a trompée ; Alexandra, sa meilleure amie, rêvant entre deux passes d’une reconnaissance artistique ; Razmik, un chauffeur de taxi dont le destin risque de basculer à leur contact.

► Des choix formels discutables
Pour retranscrire la fureur de vivre et l’énergie que dégagent ses héroïnes, Sean Baker, qui a choisi d’immortaliser son histoire avec un iPhone 5S, abuse plantureusement d’effets pompiers. A commencer par les images, saturées jusqu’à la rupture rétinienne. Ici, chaque plan ressemble à une photo filtrée en deux deux sur Instagram par un fan sans talent de David LaChapelle. Au lieu de donner à vivre - intention originelle - la réalité de la street life, les couleurs sabordent l’expérience et la rendent crispante, voire agressive. A l’instar également d’une BO staccato, faite de surgissements sonores jetés à tort et à travers pour illustrer des situations qui s’en passeraient allègrement.

► Une hystérie mal digérée
Objet branchouille, entre le docu et le cinéma guérilla ultra fabriqué, Tangerine est pourtant une expérience qui, au-delà de ses excès, mérite le détour. C’est souvent drôle, parfois attachant (surtout la séquence finale), construit et pensé avec une sincérité désarmante. On regrette dès lors cette satanée forme empruntée. Persuadé que des mouvements de smartphone tourbillonnants et convulsifs sont un gage de véracité, le cinéaste rend hélas ses sujets difficiles à suivre. Sin-Dee et Alexandra parlent en effet fort et vite, gesticulent constamment. Leur hystérie, associée à celle de de la caméra, engendre un bordel cacophonique qui défigure la dynamique escomptée. 

 


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