Deauville 2015 : Torture, cannibalisme, hémoglobine... Mais qui est le réalisateur Eli Roth ?

Deauville 2015 : Torture, cannibalisme, hémoglobine... Mais qui est le réalisateur Eli Roth ?

PORTRAIT - Invité de marque du Festival du Cinéma Américain de Deauville, le réalisateur, acteur et producteur américain Eli Roth a pu y présenter ses deux nouveaux films : "Knock Knock" (en salles le 23 septembre) et "The Green Inferno" (en e-cinéma le 16 octobre). L’occasion pour Metronews de retracer le parcours du papa de "Hostel", considéré comme un maître par les fans d’horreur.

Eli Roth est affable, cultivé et distribue des sourires à tire-larigot. Sous ses traits d’éternel ado de 43 piges, à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession, il cache un esprit riche en idées sanglantes. Et ce, depuis sa plus tendre enfance. "J’ai toujours aimé les histoire qui font peur", confie-t-il. "Dans Le Magicien d’Oz, j’étais déjà scié par les singes volants mais c’est Alien qui m’a foutu ma première vraie claque." Après avoir peaufiné sa culture du frisson avec Les dents de la Mer et une pléthore de classiques, le (tout) petit Eli est convaincu : il explosera plus tard les portes de la planète cinéma.

A 11 ans, sans perdre de temps, il mettait déjà en scène ses frangins, qu’il démembrait dans des courts métrages faits maison. Pratique inusuelle qui n’a par ailleurs jamais heurté son père psychanalyste (ça ne s’invente pas) et sa mère artiste. "Ils trouvaient ça très sain. Pour eux, cette représentation de la violence était un exutoire. Le jour de ma Bar Mitzvah, j’ai projeté un de mes travaux où il était question de découpage à la tronçonneuse. Les amis de mes parents étaient traumatisés et ne souhaitaient plus que leurs enfants traînent avec moi."

Quentin, le moteur

Eli a donc grandi avec l’idée selon laquelle "choquer, c’est réussir". En 2004, il a fini par placer toutes ses billes - quitte à se ruiner - dans la réalisation de son premier long métrage Cabin Fever, récit de jeunes gens maltraités par un redoutable virus dans une cabane forestière. "Ce film a changé ma vie", avoue l’intéressé, sans hésitation. "Il a tapé dans l’oeil de Quentin Tarantino qui a eu la gentillesse de vouloir me rencontrer. Il m’a fait découvrir ses coups de coeur, comme The War of the Gargantuas, qu’on matait tranquilles chez lui. Pour un jeune artiste, obtenir la reconnaissance de son idole, c’était magique et surréaliste."

Le réalisateur de Pulp Fiction, conscient du talent de son protégé, produisit alors les deux volets de la saga Hostel, dans laquelle les héros se font trucider par des richards sadiques. Et le dirige ensuite dans Inglourious Basterds aux côtés de Brad Pitt. "Etre acteur pour lui a fait de moi un meilleur cinéaste". Cette année, Eli Roth tente de nous le prouver en nous apportant dans sa hotte rougeoyante Knock Knock avec Keanu Reeves qui se fait séquestrer par deux bombasses et The Green Inferno, où des altermondialistes sont dévorés par des cannibales. Points communs ? Un cynisme pavlovien et la présence de l’actrice et mannequin chilienne Lorenza Izzo, son épouse à la ville. "Elle est belle, talentueuse et parle couramment espagnol. Elle serait parfaite chez Almodovar." A sang pour sang heureux en art et en amour… Eli peut donc continuer à sourire.

A LIRE AUSSI >> La critique du sanglant "The Green Inferno"

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