Deauville 2015 - Tranquillisants, larmes, botox… : dans l’enfer des actrices hollywoodiennes

Deauville 2015 - Tranquillisants, larmes, botox… : dans l’enfer des actrices hollywoodiennes

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CRITIQUE - Présenté en compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville, "Day out of days" de Zoe Cassavetes, dont nous ignorons pour l'heure la date de sortie en France, raconte l’enfer d’une actrice à Hollywood. Le constat qui s’y déploie est aussi froid qu’édifiant.

La fragilité de la gloire, la peur de vieillir, l’impression que le rideau va tomber comme une guillotine, laissant danser dans l’air glacial quelques dernières paillettes, vestiges d’une époque fastueuse. Mia Roarke - excellente Alexia Landeau - connait tout ça. Elle le vit au quotidien, attendant fébrilement que son téléphone vomisse enfin quelques bonnes nouvelles. Dix ans après avoir trusté le haut de l’affiche, cette actrice quarantenaire, larguée par son mari (également acteur et bankable de surcroit), recoud seule ses plaies dans un Los Angeles ouaté, courant les castings avec un aplomb résigné.

La peur de vieillir

Il y a ce réalisateur venu d’ailleurs, qui n’hésite pas à la harceler dans une suite du Château Marmont. Ce jeune homme agaçant, créateur d’une série télévisée dont il cherche les interprètes. Cet autre pseudo maestro de films d’horreur aux idées aussi vides qu’un trou d’air. Loin des projecteurs et des gloss, Day out of Days de Zoe Cassavetes (fille de John) dissèque au scalpel la face sombre du métier de comédienne. Pour y parvenir, l'intéressée mise sur une réalisation froide, clinique, qui permet une autopsie en règle d’un grand cadavre à la renverse. Celui de ces stars d’hier, condamnées aujourd'hui à la sécheresse artistique et à la course au jeunisme.

Fort judicieusement, Cassevetes entrecoupe les segments de sa narration d’une musique éthérée, proche de celle de Drive, qui enferme davantage Mia dans une prison de verre. De là, elle peut observer, par transparence, cette cité des anges déclassés où vagabondent, sans presque se parler, les wannabes et les has-been. Bien plus subtilement que Sofia Coppola dans Somewhere, la réalisatrice américaine réussit à capturer - elle n’est évidemment pas la seule - ces moments où un artiste, quel qu’il soit, se bat pour ne pas disparaître. Physiquement et théoriquement.

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