Deauville 2016 - Diane Kruger : "J’ai envie de faire rire !"

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INTERVIEW - L’actrice allemande Diane Kruger partage la vedette de "Infiltrator", thriller tiré d’une histoire vraie présenté en ouverture du 42e Festival du cinéma américain de Deauville. Alors que le film sortira mercredi en salles en France, elle s’est confiée à LCI.

LCI : Dans ce nouveau film vous incarnez un agent des douanes qui infiltre le cartel de la drogue. C’est un job assez proche de celui d’acteur, non ?

Diane Kruger : (sourire) Oui mais alors sans le sens du danger avec lequel ces gens doivent vivre ! Moi j’ai accepté ce film parce que je suis fascinée par l’histoire de Pablo Escobar. On en entend beaucoup parler en ce moment aux Etats-Unis. D’ailleurs j’adore la série Narcos. C’est toujours excitant de jouer un personnage réel, surtout quelqu’un comme Kathy Ertz, l’une des premières femmes infiltrées, dans un milieu aussi macho. Au départ elle est plutôt sage, discrète, et au fur et à mesure elle se transforme pour devenir la fiancée glamour du personnage incarné par Bryan Cranston.

LCI : Avez-vous eu l’occasion de la rencontrer ?

Diane Kruger : Non parce qu’elle ne l’a pas souhaité. Elle est très prudente, elle a peur qu’on la découvre. Elle est d’ailleurs venue à la première à Tampa mais elle ne s’est pas présentée. On s’est parlé au téléphone, elle m’a transmis beaucoup de choses par mail. Ce que je voulais connaître, c’est son état d’esprit. Elle était mariée, avec deux jeunes enfants à la maison. Ressentait-elle de la peur ? De l’excitation ? Un peu des deux à la fois ?

LCI : Il paraît que vous êtes fan de Bryan Cranston…

Diane Kruger : J’adore "Breaking Bad" ! Pour moi c’est un Dieu vivant. La première fois que je l’ai rencontré, j’avais les mains moites, c’était terrible. Je rêvais de travailler avec lui. C’est l’un des plus grands acteurs avec lesquels j’ai travaillé.

LCI : Vous êtes une actrice allemande qui a débuté sa carrière en France et tourne maintenant aux Etats-Unis. Où vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Diane Kruger : C’est drôle parce que j’ai beau être allemande, je n’avais jamais tourné dans un film allemand jusqu’ici. Ce qui va changer, puisque je vais tourner bientôt avec Fatih Akin, dans ma langue maternelle. Mais ma vraie maison, je dirais que c’est la France. Parce que le cinéma que je préfère en tant que spectatrice, c’est le cinéma français. Même si le cinéma un peu "exagéré" que font les Américains me plaît aussi.

LCI : Le cinéma américain, vous le connaissez désormais de l’intérieur. Qu’est-ce que vous préférez là-bas ?

Diane Kruger : Le sens de la démesure et le fait que tout est possible. Les Américains n’ont pas peur de faire des films de SF avec des aliens et de faire appel à l’imaginaire des acteurs. Là où le cinéma français est plus dans la réalité… Mais il y aussi des films américains très bruts.

LCI : Et qu’est-ce que vous aimez le moins ?

Diane Kruger : Le fait que c’est une industrie, un business. On choisit un acteur pour sa valeur plutôt que pour son talent, sa capacité à endosser un rôle. Les producteurs ont trop de place aussi, je trouve. Pour eux, il est parfois aussi important d’avoir des followers sur Instagram que de savoir jouer la comédie. Si je ne faisais que des films américains, je ne sais pas si je serais aussi épanouie.

LCI : L’Amérique, vous y vivez désormais une grande partie de l’année…

Diane Kruger : J’habite à New York et là-bas et il y a une sensation de liberté, une qualité de service aussi. Vous avez envie d’un truc à n’importe quelle heure, il y aura toujours quelqu’un pour vous l’apporter ! Et puis c’est une ville où peut disparaître, être la personne qu’on a envie d’être pour une autre journée. Se balader en pyjama dans la rue sans que personne ne s’en aperçoive (rires).

LCI : Et l’Amérique de Trump, elle vous fait peur ?

Diane Kruger : J’espère qu’il ne va pas passer. Et même si je ne peux pas voter, c’est intéressant à suivre parce que ça fait écho à ce qui se passe en France avec Marine Le Pen. Les situations ne sont pas aussi différentes qu’on le croit.

LCI : Si Trump gagne, vous revenez vivre en France à 100% ?

Diane Kruger : Peut-être… Mais je vous avoue que je n’y crois tellement pas que je n’y ai même pas réfléchi.

LCI : Vous avez désormais une filmographie très éclectique. Qu’est-ce qui vous manque le plus aujourd’hui ?

Diane Kruger : J’ai envie de faire plus de comédies. Je n’en ai tourné qu’une seule, avec Dany Boon ("Un plan parfait" – ndlr) et ça me manque. Et fait j’ai envie de faire rire !

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