Deauville 2016 - "Transpecos" : trois flics, un cartel et un désert d’ennui…

CINÉMA
CRITIQUE - En compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville, "Transpecos", premier long métrage de Greg Kwedar, a été projeté ce mercredi après-midi. Il y est question de désert, de drogue, de flics et d’immigration. LCI était au rendez-vous et vous livre ses impressions.

Des études de comptabilité au cinéma, il n’y a qu’un pas. Et le Texan Greg Kwedar, 32 ans, l’a franchi sans cligner. Lassé par les chiffres, le jeune homme s’est en effet d’abord essayé à la production de documentaire (Rising from ashes, sur l’équipe nationale de cyclisme rwandaise) avant d’empoigner sa caméra avec Transpecos. Comme le récent Desierto de Jonas Cuarón, l’action de ce premier long métrage prend sa source au coeur du désert, quelque part entre le Nouveau-Mexique, le Texas et l’Arizona. 


Dans ce paysage quasi spatial, où le soleil impose ses diktats, trois agents de la police des frontières occupent un poste de contrôle d’où ils guettent notamment le possible passage de candidats mexicains à l’eldorado. Il y a Flores (Gabriel Luna), qui panache humanisme et fermeté ; Davis (Johnny Simmons), le plus jeune, convaincu que ce job le rendra plus séduisant aux yeux de ces dames ; et Hobbs (Clifton Collins Jr.), le briscard du trio, celui à qui on ne la fait pas à l’envers. C’est d’ailleurs lui qui lance les hostilités.


Traitement bien trop convenu

Comment ? Lors de la vérification de routine d’un véhicule, il flaire le cadavre dans le placard. Le conducteur prend peur, Hobbs le traque et finit par le tuer, trouvant dans son coffre une quantité phénoménale de cocaïne. L’histoire aurait pu s’arrêter là si Davis n’était pas mêlé à l’affaire. Un puissant cartel a effectivement menacé d’exterminer tous ses proches si la drogue ne passait pas son check-point. Acculé, le jeune homme n’aura ainsi d’autre choix que celui de prendre en otage ses collègues pour qu’ils l’aident à arranger la situation.


Comme vous pourrez l’imaginer, ce point de départ chaotique fera naître une série de (violentes) déconvenues que Greg Kwedar achoppe à transcender. A quelques jolis plans larges près, sa mise en scène sans tripes illustre plus qu’elle ne transperce les personnalités de ces héros malheureux. Les dilemmes qui les prennent en étau sont par ailleurs beaucoup trop évidents, voire mécaniques, pour convaincre. Transpecos fonctionne en pilotage automatique sur la question suivante : qu’auriez-vous fait à leur place ? Interrogation autour de laquelle ne se greffe aucun suspense, aucune originalité. Un désert dans le désert. 


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