Deauville 2017 : hallucinante dans "Mother !", Jennifer Lawrence sur les traces de Natalie Portman dans "Black Swan"

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FLASHBACK - Projeté à nouveau ce jeudi au 43e Festival de Deauville dans le cadre d'un hommage à Darren Aronofsky, "Black Swan" avait permis à la comédienne Natalie Portman de décrocher non seulement l'un des plus grands rôles de sa carrière mais aussi un Oscar de la meilleure actrice en 2011. On souhaite la même destinée à Jennifer Lawrence, exceptionnelle dans "Mother !", présenté hors compétition.

Après avoir vu Mother !, il ne fait aucun doute que Jennifer Lawrence vient de trouver là l'un des rôles les plus forts et hallucinants de sa jeune carrière. La comédienne y livre en effet une performance comparable à celle de Natalie Portman dans Black Swan, qui est justement diffusé ce jeudi au 43e Festival de Deauville dans le cadre de l'hommage rendu au réalisateur Darren Aronofsky. Mother !, lui, sera présenté en avant-première hors-compétition aux festivaliers ce vendredi soir et vu la puissance du film, l'ambiance devrait s'avérer électrique.

Au moment de sa sortie en 2011, Black Swan se présentait comme le pendant féminin de The Wrestler, dans lequel Mickey Rourke remontait sur le ring. Darren Aronofsky annonçait alors un programme similaire afin de dévoiler les artifices du spectacle et l'envers réaliste du décor. En virtuose de la caméra subjective, il entrait dans la tête d'un personnage (ici, la danseuse jouée par Natalie Portman) dont l'espérance de vie était menacée par une obsession maladive pour la perfection et la transcendance. 

Comme le gladiateur Mickey Rourke, la ballerine Portman consumait son corps et son âme par amour de l'art. Souvent filmée de dos, elle traversait des lieux du quotidien à la fois anonymes et familiers (couloir d'immeuble, rame de métro, chambre à coucher) dans un état somnambulique, comme si elle évoluait dans un cauchemar. 

La ballerine Natalie Portman prenait une dernière respiration avant de rejoindre le cimetière des rêves

La noirceur dévastait tout sur son passage, jusque dans l'évanouissement lyrique des vingt dernières minutes, où la démence prenait une telle densité qu'on pouvait marcher dessus. 


Au-delà des influences, Black Swan s'imposait comme un électrochoc sensoriel et opératique. Une chute en forme d'ascension, transfigurée par un miracle : Natalie Portman, possédée et maîtresse d'un corps en pleine mutation, freak sublime qui tournoyait comme une marionnette ivre et prenait une dernière respiration avant de rejoindre le cimetière des rêves. 

En vidéo

Mother ! Darren Aronofsky en 7 films

Il faut revoir Black Swan pour comprendre dans quelle direction va évoluer Jennifer Lawrence dans Mother !

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