Mort de Mireille Darc : la disparition d'une icône

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DISPARITION - L'actrice populaire et réalisatrice engagée Mireille Darc est morte cette nuit à l'âge de 79 ans. L'icône du cinéma français dans les années 70 était très affaiblie après avoir subi plusieurs attaques cérébrales.

Pendant plus de cinquante ans, Mireille Darc (Mireille Aigroz, de son vrai nom) a été une figure marquante du cinéma français. Un sex symbol qui a marqué les esprits des cinéphiles et qui a vécu une relation fusionnelle et passionnelle avec Alain Delon. L'actrice est décédée dans la nuit de dimanche, a annoncé RTL ce lundi matin. "Mireille Darc est partie cette nuit, chez elle à Paris. Elle a été très entourée jusqu'au bout par ses proches dont son époux et aussi Alain Delon, présent jusqu'à la fin", a  ensuite dit lundi à l'AFP Annabel Karouby, son agent. Les personnalités sont nombreuses à lui rendre hommage sur Twitter.

Le premier rôle important de Mireille Darc au cinéma, c'était dans Pouic-Pouic (Jean Girault, 1963) aux côtés du couple Louis de Funès-Jacqueline Maillan. En 1965, un rôle phare : celui de Galia de Georges Lautner. Mireille devient l'incarnation de la femme libérée. Un symbole à part entière, à l’instar de Bardot dans Et Dieu Créa la femme. Pas étonnant, quand on sait que c’était d’abord à Bardot que le projet était destiné, que Darc était tombé littéralement sous le charme du scénario de Vahé Katcha et qu'elle était allée convaincre le fidèle Lautner d’y participer. Ce sera la troisième de leurs 13 collaborations. Viendront ensuite Il était une fois un flic (1971) ou encore dans La Valise (1973). 


Puis, c'est aux côtés de Pierre Richard qu'elle explose, dans Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972) puis Le Retour du grand blond (1974) d'Yves Robert. Sa robe ultra-sexy lui permet de confirmer son statut de sex-symbol et d'actrice phare dans notre cinéma franco-français du début des années 1970.

Une comédienne sexy et populaire, mais pas que

Mireille Darc trainait dans les années 60-70 l'image d'une actrice frivole, qu'elle a finalement court-circuité les décennies suivantes. Dans les années 1980, sa carrière était interrompue par une opération à cœur ouvert réalisée par le professeur Christian Cabrol. 


D'autres événements viendront noircir le tableau, à l'instar de cet accident de voiture dans un tunnel en Vallée d'Aoste, dans lequel elle était grièvement blessée - la colonne vertébrale fracturée l'a immobilisée pendant trois mois dans une coquille à l’hôpital de Genève) et du décès du deuxième homme de sa vie, Pierre Barret, dont la greffe du foie échoua. Endurcie, elle avait alors quitté le monde du cinéma pour revenir à la télévision dans les années 90, dans le feuilleton estival phare diffusé sur TF1 : Les Cœurs brûlés et sa suite, Les Yeux d'Hélène. Un succès considérable en son temps. 


Par la suite, Mireille Darc avait privilégié d'autres horizons, le théâtre, la photographie, le documentaire. Elle avait notamment réalisé une série de reportages très engagés pour France Télévisions, notamment sur les transplantations d’organes, les travailleuses du sexe, les actrices de films X ou encore les femmes SDF. Elle confiait à Libération : "Les documentaires, c’est ce qui m’a le plus enrichie sur le plan humain. J’ai grandi. Au cinéma, j’ai vécu, j’ai été heureuse, je me suis bien explosé la tête. Mais je n’ai pas grandi."


Son engagement se traduisait aussi dans la vie de tous les jours, Mireille Darc était marraine de l'association humanitaire La Chaîne de l'espoir et de l'opération + de Vie. En 2006, Jacques Chirac lui avait remis les insignes de la Légion d'honneur. 

J'étais un accident dans la vie de ma mèreMireille Darc

Meurtrie par un manque d'amour considérable de la part de ses parents, Mireille Darc, d'ordinaire peu loquace pour raconter son enfance, s’était confié en janvier 2016 sur Le Divan de Marc Olivier Fogiel : "J'étais un accident dans la vie de ma mère, tout le monde était en état de souffrance (...) Mon père ne pouvait pas me supporter puisque je représentais une infidélité et ma mère ne pouvait pas m'aimer puisque c'était comme si elle aimait un autre homme à travers moi (…) Par la suite, j'ai douté de ma mère. J'ai pensé que mon père n'était pas mon père. Parce que toute gosse, il m'appelait la bâtarde. Quand j'ai commencé à comprendre ce qu'était une bâtarde, je me suis dit que je ne devais pas être la fille de mon père". 


Mireille Darc revenait par ailleurs sur l'un des souvenirs les plus abominables de son enfance : ce moment où son père l'avait trainée dans le grenier, une corde à la main. "Il veut se pendre. Il veut se pendre à une poutre. Et il me dit : C'est à cause de toi. Et moi, je dois à peu près avoir cet âge-là, c'est à dire six ans. Et je le supplie de ne pas faire ça. [...] Je pleure, je crie, je lui demande pardon". 

Une relation fusionnelle avec Alain Delon

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Mireille Darc et Alain Delon, un couple indissociable

Début 2007, Mireille Darc interprétait Sur la route de Madison au théâtre Marigny en compagnie d'Alain Delon, "l'homme de sa vie". Alain Delon et Mireille Darc étaient inséparables. Partenaires à l'écran (L'Homme pressé, Mort d'un pourri, Madly, Jeff, Les Seins de glace et Borsalino), amoureux puis complices dans la vie. 


Interrogée sur sa relation avec Alain Delon, Mireille Darc, qui avait partagé quinze années de sa vie avec l'acteur, avouait l'aimer "au-delà de tout". "Il est présent et pour rien au monde, je ne voudrais qu'il parte. J'ai besoin de lui. Je l'aime, d'une autre manière, c'est certain, mais au-delà de tout." Une relation qui ne dérangeait en rien Pascal Desprez,  le mari de l'actrice. Adieu, Mireille.

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