"Don’t Breathe" : quand la victime traumatise ses cambrioleurs, c'est jouissif !

"Don’t Breathe" : quand la victime traumatise ses cambrioleurs, c'est jouissif !

CRITIQUE – Avec déjà près de 90 millions de dollars de recettes sur le sol américain pour un budget dix fois moins élevé, "Don’t Breathe", en salles ce mercredi, affole les compteurs et le public. Il faut dire que ce thriller rondement mené par Fede Alvarez, axé sur un cambriolage sanglant, a tout pour plaire. Explications.

Rocky étouffe à Detroit. Face à la violence de sa mère et à ses inexistantes perspectives d’avenir, la jeune fille n’a qu’un but en tête : se faire la malle pour caresser des horizons moins pestilentiels. Un voyage vers le bonheur qu’elle tente d’échafauder de façon illicite, en multipliant les cambriolages peu rémunérateurs. Jusqu’à l’hypothétique graal : la planification, avec ses potes Alex et Money (ça ne s’invente pas), d’un casse chez un vieux monsieur aveugle qui garderait dans son antre un pactole suffisant pour faire dix fois le tour du monde.

 

Après avoir revisité le classique Evil Dead en 2013, le réalisateur Fede Alvarez, le scénariste Rodolfo Sayagues et le producteur Sam Raimi font une nouvelle fois équipe avec Don’t Breathe. Et s’appliquent pour l’occasion à remanier les codes du home invasion movie, cette niche cinématographique centrée sur la violation de domicile. C’est précisément dans un décor spectral, caractéristique des quartiers abandonnés de la cité industrielle américaine suite au krash de l’immobilier de 2007-2008, que se déploie l’action de cette efficace série B.

Ecrite avec malice, sans aucun gras, la trame de Don’t Breathe se joue constamment des certitudes du public en prenant, dès le départ, le contre-pied du tout-venant. Le non-voyant pris en chasse ne compte assurément pas se voir réduit à la bonne poire de service, décaissable à souhait. Oh non. C’est un vétéran de l’armée, bardé de secrets, qui va accueillir ses rustres visiteurs avec la méthode forte, transformant sa bicoque en champ miné (option chien méchant). Grâce au jeu de Stephen Lang, le bad guy de Avatar, ce personnage drape ses redoutables mécanismes de défense d'une certaine vulnérabilité.

 

Cette dualité de force et de faiblesse physiques est l’un des grands atouts de ce second long métrage de Fede Alvarez. Lequel se montre par ailleurs impérial dans sa gestion de l’espace – sa maison est vraiment celle des ténèbres – et de la lumière, élément-clé et moteur à frissons. Sa mise en scène généreuse ne s’encombre d’aucun tic "hystérisant" et contribue à la fluidité narrative du récit. Impeccablement goupillé, ce dernier, sans être révolutionnaire, a suffisamment de surprises sous le capot pour vous clouer au siège jusqu’à la dernière minute. Un vrai plaisir !

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