Encadrement des salaires : les acteurs français vont devoir se serrer (un peu) la ceinture

Encadrement des salaires : les acteurs français vont devoir se serrer (un peu) la ceinture

CINÉMA
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RÉSOLUTION - Le Centre national du cinéma, qui finance une partie des films français, a décidé de plafonner les rémunérations des stars de la profession. Pour prétendre aux aides du CNC, les cachets ne pourront désormais plus excéder 990.000 euros pour un film dont le budget est supérieur à 10 millions d'euros.

L'heure est aux économies. Le Centre national du cinéma a pris, la semaine dernière, une résolution pour plafonner les rémunérations des stars de la profession. Concrètement, si le cachet proposé à un acteur ou à un réalisateur dépasse désormais un certain pourcentage du devis du film, le producteur ne pourra  plus avoir accès aux aides du CNC, selon Les Echos , qui ont révélé l'information.

Pour un film dont le budget est compris entre 7 et 10 millions d'euros, la rémunération maximale ne pourra pas dépasser 5% du devis. Pour les budgets encore supérieurs, le cachet maximum est fixé à 990.000 euros. Avec ce système, Dany Boon, par exemple, ne pourra plus croquer la pomme comme lors du tournage d'Eyjafjallajökull (Le Volcan). Pour cette comédie au budget faramineux de 20 millions d'euros, qui avait attiré moins de deux millions de spectateurs en salles, l'acteur avait touché 3,5 millions d'euros. Des cachets en or qui plombe l'économie du cinéma. Ainsi, selon une étude de BFMTV, sortie en début d'année, seuls 10% des films français ont été rentable en 2013.

Le plan imparfait de Dany Boon

La décision du CNC n'empêchera pas les rémunérations très élevées mais le producteur sera alors obligé de compléter ses financements ailleurs qu'auprès de l'institution. Cet encadrement des salaires, s'il est confirmé, intervient près d'un an après la remise du rapport Bonnell sur la production du cinéma, qui visait, entre autres, à limiter la dérive de certains coûts.

Il y a deux c'est une tribune du distributeur Vincent Maraval, publiée dans Le Monde , qui avait mis le feu aux poudres. Dans ce texte au titre explicite : ''Les acteurs français sont trop payés !', le patron de Wild Bunch s'insurgeait : 'Dany Boon, par exemple, ce chantre de la France profonde qui vit à Los Angeles, obtient des sommes qui laissent un Gérard Depardieu sur le carreau, ratatiné. 3,5 millions d'euros pour Le Le Plan parfait, dont les entrées ne seront pas suffisantes pour payer son salaire ! Un million pour quelques minutes dans Astérix, film qui fait exploser le ratio entrées/cachet/minute à l'écran...''

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