Faut-il baisser le cachet des stars du cinéma français ?

Faut-il baisser le cachet des stars du cinéma français ?

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DEBAT – C'est l'une des principales propositions du rapport Bonnell, destiné à adapter le modèle français de financement du cinéma à l’heure du numérique : baisser le salaire fixe des acteurs qui attirent les spectateurs, en contrepartie d'un intéressement plus grand aux recettes.

Dany Boon, Omar Sy, Jean Dujardin et leurs collègues "bankables" vont-ils être obligés de revoir leurs tarifs ? Possible. Dans son rapport sur l'avenir du modèle de financement du cinéma français, René Bonnell, l'ancien Monsieur ciné de Canal +, propose de revoir le mode de rémunération des comédiens les mieux payés. Son idée ? Encourager une baisse des cachets excessifs – pour les acteurs mais aussi les réalisateurs et les scénaristes – en instaurant un intéressement sur les entrées en salles et les chiffres d'affaires sur les autres supports de diffusion.

La proposition de René Bonnell permettrait de baisser les coûts de production des films, à l'heure où bien des comédies (Les Seigneurs, Turf, Les Invincibles) sont plombées par le(s) salaire(s) de leur(s) star(s). Un exemple ? Dans son classement des acteurs français les mieux payés publié en février 2013, Le Figaro soulignait que Dany Boon avait touché 3 millions d'euros pour jouer dans Un Plan Parfait, soit 15% du budget total. Sorti à l'automne 2012, le film avait attiré un peu plus d'1 million de spectateurs, loin des triomphe antérieurs du comédien.

Les "à-valoir", c'est (bientôt) fini

Dans le même ordre d'idée, le rapport suggère de retirer un pourcentage des dépenses liées aux “vedettes” des obligations de financement des chaînes de télévision. En clair si ces dernières mettent de l’argent dans des films trop chers à cause des cachets, une partie de ce budget ne serait plus comptabilisé sur leurs obligations mais serait financé en plus par les diffuseurs. Autre coup de canif à la "pratique" du milieu : strictement encadrer, voire interdire, la pratique des à-valoir sur intéressement des talents au résultat des films.

Composé de 50 propositions, le rapport Bonnell a été présenté ce mercredi aux professionnels à l'occasion des 2e Assises du cinéma, à Paris, en présence de la nouvelle patronne du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), l'ancienne ministre Frédérique Bredin. Dans une tribune publiée dans Libération, l'intéressée plaide pour "une vraie réforme" et non un "simple ajustement" du système de financement. L'objectif est triple : "adapter le financement des films à la nouvelle donne numérique", "renforcer la transparence du secteur" et "retrouver les conditions d’une réelle diversité des oeuvres à l’heure du numérique". Les gros salaires joueront-il le jeu ?

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