Festival de Gérardmer : le bilan de Metronews

Festival de Gérardmer : le bilan de Metronews

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HORREUR - Le 21ème Festival International du Film Fantastique de Gérardmer vient de s’achever dans la bonne humeur et la festivité. Metronews a vu tous les films en compétition officielle et vous donne son avis, à chaud.

Dark Touch
Pour sa première incursion dans le cinéma de genre, la réalisatrice Marina de Van déçoit cruellement. Pur film de commande, Dark Touch raconte l’histoire de Neve, une fillette recueillie par des proches après que sa famille a été décimée par des meubles et objets hystériques. Avec son symbolisme de bas étage, son traitement psychologique faiblard et ses bras cassés d’acteurs, difficile pour cette production d’engendrer la moindre esquisse émotionnelle.

Rigor Mortis
Chin Siu-ho, ancienne gloire du cinéma, n’aura jamais dû choisir la chambre d’hôtel numéro 2442. Surtout pour y chercher un peu de tranquillité. La pièce a en effet été le théâtre d’une scène bien macabre. Malgré ses effets numériques criards et sa narration confuse, il émane de cette œuvre hongkongaise une véritable générosité. A défaut de marquer les esprits et de faire frissonner, l’ensemble révèle Juno Mak, un cinéaste talentueux qui a de la suite dans les idées.

Miss Zombie
Alors qu’il nous semblait que les zombies avaient été exploités jusqu’à la lie au cinéma, Miss Zombie du nippon Hiroyuki Tanaka nous fait mentir. Ce long métrage mélancolique en noir et blanc met en scène l’arrivée d’une servante morte-vivante dans une famille. Irruption qui va bouleverser le quotidien de ses membres. En dépit de son rythme lent, ce curieux objet filmique pose d’intéressantes questions sur le statut du zombie. Qui est plus amorphe : le mort-vivant ou celui qui le juge ?

We are what we are
La famille Parker est blafarde, discrète et meurtrie par la mort de la mère. Pour autant, cela ne l’empêche pas de garder ses bonnes habitudes. Lesquelles consistent à kidnapper les habitants du patelin pour les cuisiner en soupe. Ce remake du film mexicain Ne nous jugez pas aborde, en filigrane du cannibalisme, le thème de la libération, de l’affranchissement. Quoi qu’affectée, la mise en scène de Jim Mickle n’en demeure pas moins probante.

The last days on mars
Base Tantalus. C’est le dernier jour de la première mission habitée sur Mars. Tout le monde a hâte de rentrer à la maison mais une bactérie mutante change la donne, transformant l’équipage en bêtes belliqueuses. Avec les moyens du bord, Ruairi Robinson fait son job, comme il peut. Hélas pour lui, son survival spatial a malheureusement trop peu d’ampleur et se contente de multiplier les figures éculées et les jump scares opportunistes. Rendez-vous en direct-to-DVD.

Ablations
Un film écrit par Benoit Delépine, réalisé par le français Arnold de Parscau (chouchou de David Lynch) et interprété par Denis Ménochet… Sur le papier, ça donne forcément envie. Seulement voilà, à l’écran, c’est une autre chanson. Pour nous conter les turpitudes d’un homme dont on a volé le rein, le très jeune cinéaste opte pour une façon de filmer beaucoup trop clinique. Sans suspense ni rythme, le récit dérive, à l’agonie, vers le grand-guignolesque. Attention aux calculs rénaux.

The Badabook
Etre terrorisé et avoir envie de pleurer à chaudes larmes en même temps… Voilà le miracle que réussit à générer ce long métrage australien de Jennifer Kent. Ici, le genre n’est qu’un prétexte à parler de la dépression. En l’occurrence, celle d’une veuve, épuisée par un fils flippé de tout, qui est bouleversée par l’apparition d’un mystérieux livre dans sa demeure. Mise en scène au cordeau, travail sur le son démentiel, portée psychologique à tomber à la renverse, interprétations hallucinantes… Nous tenons là un très grand film. Vous êtes prévenus.

The sacrament
Après The Roost ou Cabin Fever 2, l’américain Ti West s’intéressé à deux journalistes qui aident un de leurs amis à retrouver sa sœur disparue. Direction ? Eden Parish, un site étrange où vit une communauté religieuse dirigée par un chef charismatique. Si le sujet de l’embrigadement est plutôt bien traité, on regrette que la réalisation repose entièrement sur le found footage, procédé qui a montré ses limites à de trop nombreuses reprises. Au final, on n’y croit presque jamais.

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