"First Date" : quand Barack rencontre Michelle...

CINÉMA
ON AIME - "First Date", en salles ce mercredi, raconte, entre réalité et imaginaire, le premier rendez-vous de Barack et Michelle Obama. Ecrit et réalisé avec application par Richard Tanne et impeccablement habité par les comédiens Parker Sawyers et Tika Sumpter, ce projet casse-gueule fait mouche.


Avant de devenir les locataires les plus iconiques de l’histoire de la Maison Blanche, Barack et Michelle Obama ont eu droit, comme tous les couples du monde, aux joies, maladresses et jolis émois d’un premier rencard. Lequel s’est tenu à l’été 1989, dans le sud de Chicago, alors que le premier était le stagiaire de la seconde au sein d’un prestigieux cabinet d’avocats.


Pour son premier long métrage en qualité de réalisateur, l’américain Richard Tanne a ainsi choisi de relater par le menu la naissance de l’amour, retranscrivant avec une fidélité bienvenue les différentes étapes d’une (longue) journée fondatrice. Car si un rendez-vous galant se résume bien souvent à un café en terrasse ou à un dîner gastro, celui de la paire Obama s’apparente à un film à lui tout seul.

Idylle à plusieurs escales

Clope vissée aux lèvres, coude dans le vent, musique à fond les baffles, c’est à bord d’une Nissan Circa 1982 jaune et délabrée que le récit s’engage. Barack Obama récupère Michelle Robinson de chez son père, fragilisé par une sclérose en plaques. Consciencieuse, elle ne pense qu’au boulot et à cette réunion tardive à laquelle ils doivent assister. Dans l’entre-temps, le jeune homme propose de l’amener au musée. « It’s not a date », la rassure-t-il. Indocile de prime abord, elle finit par lâcher prise. Et les voilà immanquablement propulsés dans une balade qui marquera, d’une pierre blanche, le premier jour du reste de leurs vies...

Sur le même principe narratif que la trilogie des Before de Richard Linklater, Tanne va pister les pérégrinations de cette charmante paire en se basant sur des dialogues qu’il a lui-même inventés. La véracité des situations et le fantasme qu’elles revêtent constituent dès lors le yin et le yang de cette comédie modeste et pleine de pep’s.



Le détail qui tue : la glace au chocolat !

Il y a d’abord ce stand de disques, où les deux fans de Stevie Wonder s’attardent, et ces magnifiques peintures d’Ernie Barnes que Monsieur décortique à Madame comme un parfait commissaire d’exposition. Et puis plus tard, cette errance dans un parc où les langues se délient. L’enfance, l’université, la foi, la famille (et notamment les rapports complexes entre Barack et son père) : ces vastes sujets, servis par une écriture fluide et non avare en passionnantes anecdotes (avérées), passent à la moulinette.


Outre la qualité d’interprétation constatée, la réussite de cette production low-cost, tournée en à peine 18 jours, réside dans la douce campagne de démythification de ses sujets. Bien que la conscience politique et la tchatche légendaire d’Obama y soient abordées en creux, First Date immortalise les futurs Président et First Lady à nu, tour à tour forts et fragiles. Et toujours très loin de soupçonner la portée historique que prendront ces instants de flirt (a priori) anodins. D'ailleurs, quand au soir de cette folle journée, après la projection de Do the Right Thing de Spike Lee, Barack offre à Michelle sa glace préférée, le doute est levée : le caractère universel du projet a bel et bien gommé le mythe. Et c’est bien.  

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