Franck Dubosc : "C’est très difficile d’être dans le politiquement incorrect de nos jours"

Franck Dubosc : "C’est très difficile d’être dans le politiquement incorrect de nos jours"
CINÉMA

INTERVIEW – Après avoir agité le box-office par deux fois, le personnage de Patrick Chirac, chantre du slip de bain, repart faire du Camping en salles dès ce mercredi. Son interprète, l’inénarrable Franck Dubosc, revient pour metronews sur l’aventure d’une vie.

En plus d’en être le héros, vous avez coécrit le scénario de Camping 3 avec Fabien Ontentiente et participé à son montage. Comment vous sentez-vous à l’approche de la sortie ?
Je suis assez serein. Cet opus a fait rire et a satisfait les premiers spectateurs, qui le préfèrent globalement aux précédents. De quoi me dire : mission accomplie ! Il fera les entrées qu’il fera. Tout ce qui arrivera sera du bonus. Pour ma part, dès le lendemain de la sortie, je serai dans ma voiture, sur l’autoroute des vacances, à m’arrêter pour manger à midi un sandwich triangulaire (sourire).

Est-ce qu’on quitte vraiment Patrick Chirac ?
Oui. La preuve, c’est que j’ai eu du mal à le retrouver. A l’issue du premier Camping, les gens pensaient que je ne savais faire que ça. Ils n’avaient effectivement pas tort. J’avais créé des mimiques sans faire exprès. C’était la première fois que j’obtenais un rôle important au cinéma. J’ai voulu exister, j’en ai beaucoup fait et c’est ce qui a contribué à construire Patrick Chirac. Je l’ai fabriqué avec mes défauts d’acteur. Pendant 10 ans, j’ai essayé de les gommer en tournant d’autres rôles, en essayant de devenir plus sobre. Et là, d’un coup, je le retrouve pour Camping 3. Il a donc fallu retrouver mes failles en y ajoutant les bénéfices de mes expériences. Je sais désormais manipuler mes défauts. (Réflexion) Conduire Patrick Chirac, c’est comme faire un rallye en ayant pour copilote Fabien Onteniente.

Selon vous, pourquoi plait-il autant ?
Parce que c’est un clown avec un costume bien à lui, un personnage en plastique, qui traîne de gros défauts… Au début de l’aventure, on avait l’impression de se sentir supérieur à lui. Et on se dit désormais, les années aidant : "Je suis peut-être un peu comme lui". C’est ce qui le rend d’ailleurs plus tendre. Patrick, c’est le mec qu’on a envie de rencontrer en vacances pour rire avec et de lui. Il est multifonction, c’est un couteau suisse.

Trois nouveaux jeunes campeurs débarquent au camping des Flots Bleus. De quoi donner l’impression que la saga souhaite parler, plus que jamais, à toutes les générations. Non ?
Exactement. En tournant Fiston avec Kev Adams, je me suis rendu compte qu’à chaque fois qu’on abordait la différence d’âges avec humour, ça fonctionnait. C’est une manière de tirer dans le mille et de satisfaire tout le monde. On ne l’a pas fait pour rajeunir le film. (…) Après avoir été aux côtés d’Anconina et de Lanvin, il fallait que le héros soit entouré par une femme ou par des jeunes. Mais Patrick, comme le public, n’est pas encore prêt à avoir une femme. Les jeunes, c’était la solution. (Réflexion) Il fallait utiliser le temps qui passe sur lui comme un ressort comique. 

Qu’avez-vous envie de répondre à ceux qui taxent Camping et ses personnages de beaufs ? 
Tout ça ne me blesse plus. La presse négative, j’y suis habitué sur ce genre de films. Cela dit, elle est plus rare sur Camping 3. Camping ne s’est pas imposé comme un chef-d’œuvre ou comme un film de génie. Patrick a mis du temps à se faire accepter. Les journalistes ont désormais plus de compassion pour lui car il a résisté. Oui, Patrick Chirac a résisté !

Fabien Onteniente a dit : "Aujourd’hui, parler des Noirs, des Arabes, des Juifs, des homos, c’est aller à l’abattoir ! Ras le bol du politiquement correct". Souscrivez-vous à ça ? 
Oui. C’est énervant et fatigant de ne pouvoir rien dire. On connait Patrick Chirac depuis longtemps. Du coup, il peut se permettre de lâcher des choses. On sait qu’il n’est ni raciste ni homophobe… (il baisse la voix) C’est très difficile d’être dans le politiquement incorrect de nos jours. 

On sent une volonté de parler des problèmes des Français sous le vernis du soleil : chômage, lutte des classes, peur de vieillir… Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus dans la société actuelle ? 
(Réflexion) Dans une scène, une jeune femme veut embrasser Patrick. Elle lui dit : "Je suis trop jeune ?" Il répond : "Non, c’est moi qui suis trop vieux". C’est là où on se ressemble : dans le fait d’assumer le temps qui passe, de l’accepter tant bien que mal, par la force des choses, et de faire avec. Dans la société actuelle, c’est bien d’accepter la volonté du temps. A la toute fin, quand il met un bras par-dessus l’épaule d’une jolie fille, on se dit qu’il est comme un père. Il a fallu trois films pour ça. De même, si aujourd’hui je mets un bras par-dessus l’épaule d’une jeune et jolie fille, ça sera comme un père. Je ne suis pas devenu vieux mais, disons, sage. Voilà (sourire)

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