Gérardmer 2014 - Kim Chapiron : "Le fantastique, c'est un genre radical"

Gérardmer 2014 - Kim Chapiron : "Le fantastique, c'est un genre radical"

CINÉMA
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INTERVIEW - A quelques semaines de la sortie de "La Crème de la crème", son troisième film, Kim Chapiron vit de belles frousses au Festival de Gérardmer où il est juré. Avec une bonne humeur qui ne le lâche décidément jamais, il a répondu à notre questionnaire 100% frisson.

Quel est votre premier souvenir de peur au cinéma ?
Mon père (l’artiste Kiki Picasso, ndlr), qui a toujours eu des références d’images vidéos ultra violentes, achetait beaucoup de VHS. Il collectionnait les films d’horreur. J’ai découvert Shining alors que j’étais au primaire, au même titre que Massacre à la tronçonneuse et Le crocodile de la mort (deux œuvres de Tobe Hooper, ndlr). Ces trois films sont mes premiers souvenirs de peur. Je les ai vus de nombreuses fois parce qu’il n’y avait que ça à la maison. Au début, étrangement, ils ne me faisaient pas d’effet. Et à un instant donné, il y a eu un vrai déclic. Tout ça a commencé à me foutre les jetons. J’en ai fait beaucoup de cauchemars.

Et votre plus grande peur ?
(Il réfléchit longuement puis) Ah… ça y est, je sais ! Et ça va te faire marrer (rires). C’est Pee-Wee Big Adventure de Tim Burton. Le fantôme dans le camion… Ce truc-là… Je peux te dire que cet instant m’a traumatisé. Je ne m’attendais pas à cette séquence.

Quel est le monstre de cinéma le plus réussi selon vous ?
La sorcière de Blanche Neige m’a procuré de grosses montées d’adrénaline... J’étais anesthésié (Eclat de rire).

Avec quel serial killer n’aimeriez-vous pas être enfermé dans une maison ?
Alors attends… En serial-killer, je suis moins bon. Il me faut un petit effort de réflexion… (Après une vingtaine de secondes) Ichi the Killer dans le film de Takashi Miike. Quand il coupe la fille en deux avec ses chaussures à talons après s’être masturbé… C’est quand même grandiose.

"Enfant, j'ai obligé ma soeur à regarder Freddy"

Quel est le film qui effraie tout le monde et qui vous laisse de marbre ?
Freddy… J’ai enchainé la série de films mais ça ne m’a jamais rien fait. Le mec qui vient te torturer dans tes cauchemars… Non, pas pour moi… En revanche, enfant, j’ai obligée ma petite sœur (la styliste et chanteuse Mai Lan, ndlr) à le regarder. Elle en hurlait. J’étais un vrai tortionnaire (rires).

Quel film êtes-vous incapable de voir seul ?
J’ai commencé The Grudge un jour… Je n’ai pas réussi à le terminer. Au bout d’un petit moment, je me suis dit : il est tant d’arrêter (rires).

Quel est le réalisateur qui incarne le mieux selon vous le cinéma de genre ?
Takashi Miike… Pour sa folie, ses explorations artistiques, sa boulimie… Je trouve qu’il a un lâcher prise incroyable. Pour tourner sept films par an, il faut être complètement barré. Il est libre et vit littéralement le genre.

Allez-vous souvent voir des films de genre au cinéma ?
Oui mais par période. Le film de genre est obligé d’utiliser des techniques très radicales, vicieuses ou grossières, pour toucher les émotions les plus évidentes de l’homme. Il fonctionne comme une prise d’otage. Personnellement, en tant que raconteur d’histoire, je trouve qu’il est intéressant voire même obligatoire d’observer les techniques de mise en scène de ce type de cinéma afin de les utiliser pour raconter d’autres émotions.  

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